L'OCDE releve sa prevision de croissance mondiale a 2,9 % pour 2026, soit 0,1 point de plus qu'en juin. La France decroche a l'inverse de ses partenaires : elle n'attendrait que 0,4 % de croissance, une baisse de 0,3 point, restant en retrait de la zone euro.
| Prevision croissance mondiale 2026 | 2,9 %OCDE, +0,1 point par rapport a juin |
|---|---|
| Croissance mondiale 2025 | 3,4 %activite realisee |
| Prevision croissance France 2026 | 0,4 %OCDE, -0,3 point par rapport a la precedente estimation |
| Prevision croissance Allemagne 2026 | 1,1 %+0,4 point |
| Taux effectif droits de douane americains | 10,9 %a la mi-septembre, estimation OCDE |
L’économie mondiale absorbe mieux que prévu les répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Dans ses Perspectives économiques intermédiaires publiées mercredi 23 septembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) porte sa prévision de croissance mondiale à 2,9 % pour 2026, soit 0,1 point de plus qu’en juin.
Cette révision ne gomme toutefois pas le ralentissement par rapport à 2025, lorsque l’activité mondiale avait progressé de 3,4 %. Le renchérissement de l’énergie continue d’alimenter les prix et de peser sur le pouvoir d’achat des ménages. Pour 2027, l’institution attend une croissance de 3 %, une estimation abaissée de 0,1 point.
Les aides publiques et l’intelligence artificielle amortissent le choc
« La croissance économique mondiale a ralenti mais est restée résiliente », constate l’OCDE dans son rapport. L’activité bénéficie de plusieurs mécanismes qui ont atténué les conséquences des perturbations de l’approvisionnement énergétique.
L’organisation cite notamment « les mesures de soutien gouvernemental discrétionnaires, le recours partiel à des matières premières de substitution (comme le charbon, NDLR), l’augmentation de l’offre ne provenant pas des économies du Golfe et les prélèvements dans les stocks de pétrole ». S’y ajoute « le dynamisme persistant des activités liées à l’intelligence artificielle (IA) », qui soutient l’investissement, la production et les échanges.
La résistance observée demeure néanmoins fragile. Le scénario de juin reposait sur des « perturbations limitées dans le temps » liées au conflit. Or, la persistance de prix énergétiques élevés entretient la pression sur les revenus et les coûts des entreprises.
La France à contre-courant de la zone euro
La révision des prévisions est particulièrement défavorable à la France. L’OCDE n’attend plus que 0,4 % de croissance en 2026, soit une baisse de 0,3 point par rapport à sa précédente estimation. En 2027, l’activité ne progresserait que de 0,7 %, une prévision également réduite, de 0,1 point.
La deuxième économie de la zone euro apparaît ainsi en retrait par rapport à ses partenaires. Pour l’ensemble de l’union monétaire, l’organisation prévoit une croissance de 1 % cette année, en hausse de 0,2 point. L’Allemagne bénéficie d’une révision plus marquée : son PIB augmenterait de 1,1 %, soit 0,4 point de plus qu’anticipé auparavant.
En 2027, la croissance allemande se maintiendrait à 1,1 %. Celle de la zone euro resterait à 1 %, mais cette dernière estimation est abaissée de 0,2 point.
Hors d’Europe, les États-Unis conserveraient un rythme plus soutenu, avec une croissance attendue à 2,2 % en 2026 puis à 2,1 % en 2027. En Chine, le ralentissement se poursuivrait : l’expansion économique passerait de 4,5 % cette année à 4,2 % l’an prochain.
Inflation : les banques centrales face à un équilibre délicat
Le redressement attendu de l’économie mondiale en 2027 repose notamment sur une détente progressive des prix de l’énergie et un reflux de l’inflation. Le resserrement monétaire de plusieurs banques centrales, dont la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed), contribuerait à limiter les tensions sur les prix.
Mais l’évolution des taux restera tributaire de la conjoncture. « De nouveaux ajustements des politiques monétaires pourraient être nécessaires si des signes de généralisation des tensions sur les prix apparaissent ou si les perspectives de croissance se dégradent sensiblement », prévient l’OCDE.
L’arbitrage est délicat : des taux plus élevés permettent de freiner l’inflation, mais renchérissent aussi le crédit, au risque de ralentir la consommation et l’investissement.
Guerre au Moyen-Orient et dette publique entretiennent l’incertitude
L’évolution du conflit lancé fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran reste déterminante pour ces perspectives. Le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran perturbe le transit du pétrole et du gaz, maintenant une forte sensibilité des marchés aux annonces militaires et diplomatiques.
Les incertitudes commerciales s’ajoutent au choc énergétique. L’OCDE estime à 10,9 % le taux effectif des droits de douane américains à la mi-septembre.
Parallèlement, la hausse des taux d’emprunt à long terme réduit les marges de manœuvre budgétaires des États. Dans plusieurs économies, ces taux atteignent leurs niveaux les plus élevés depuis au moins quinze ans. En France, où le taux à dix ans évolue autour de 4,5 %, cette pression complique la préparation du prochain budget.
Dans ce contexte, l’OCDE recommande des aides face aux prix de l’énergie ciblées et limitées dans le temps, ainsi qu’une maîtrise accrue de la dépense publique. L’enjeu consiste à protéger les ménages et les entreprises les plus exposés sans aggraver durablement les déséquilibres budgétaires.
Le risque climatique pourrait accentuer les tensions alimentaires
Les événements météorologiques extrêmes constituent un autre facteur de vulnérabilité. Après les épisodes de chaleur de l’été, l’OCDE souligne les risques associés au phénomène El Niño, dont le pic est attendu vers la fin de l’année et dont les effets pourraient se prolonger en 2027.
Des perturbations de la production agricole pourraient accentuer les tensions sur les prix alimentaires. Un choc supplémentaire pour les ménages, dont le pouvoir d’achat reste déjà éprouvé par le coût de l’énergie.
Questions fréquentes
Quelle croissance mondiale prevoit l'OCDE en 2026 ?
L'OCDE prevoit une croissance mondiale de 2,9 % pour 2026, soit 0,1 point de plus qu'en juin, mais un ralentissement par rapport aux 3,4 % de 2025.
Quelle est la prevision de croissance pour la France ?
L'OCDE n'attend plus que 0,4 % de croissance en France en 2026, une baisse de 0,3 point, puis 0,7 % en 2027, plaçant le pays en retrait de la zone euro.
Pourquoi l'economie mondiale resiste-t-elle malgre la guerre ?
Grace aux mesures de soutien gouvernemental, au recours a des matieres premieres de substitution, aux prelevements dans les stocks de petrole et au dynamisme des activites liees a l'intelligence artificielle.
Que recommande l'OCDE aux Etats ?
L'OCDE recommande des aides face aux prix de l'energie ciblees et limitees dans le temps, ainsi qu'une maitrise accrue de la depense publique pour ne pas aggraver les desequilibres budgetaires.
