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Carburants : Macron mise sur le Golfe pour faire baisser les prix à la pompe

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Emmanuel Macron a entamé lundi 19 octobre une tournée au Koweït, aux Émirats, à Bahreïn et au Qatar pour obtenir des volumes supplémentaires de pétrole et de diesel. L'Élysée vise un effet indirect sur les prix des carburants, sans baisse chiffrée annoncée.

Faits clés
Part du pétrole mondial transitant par Ormuz environ 20 %avant la guerre entre les États-Unis et l'Iran
Prélèvement sur les stocks stratégiques du G7 jusqu'à 100 millions de barilsgazole et pétrole brut, sur quatre mois, décidé début octobre

   La diplomatie énergétique au service du pouvoir d’achat. Emmanuel Macron a débuté, lundi 19 octobre, une tournée au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar, prévue jusqu’à mercredi. Arrivé au Koweït, où il a été accueilli par l’émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, le président français cherche à obtenir des engagements sur des volumes supplémentaires de pétrole et de diesel destinés au marché français.

Ce déplacement intervient alors que les prix des carburants nourrissent la contestation contre la vie chère. Dimanche, au lendemain des violences ayant accompagné les manifestations, le chef de l’État a défendu le maintien de sa tournée en affirmant vouloir « sécuriser nos approvisionnements ». Il a notamment évoqué « une inquiétude (…) sur le prix des carburants » exprimée par les manifestants.

Obtenir des engagements sur des volumes supplémentaires

Au-delà du dialogue diplomatique, Paris attend des résultats concrets sur l’approvisionnement énergétique. Les quatre étapes doivent permettre de « renforcer des partenariats stratégiques et économiques » bilatéraux, tout en recherchant de nouvelles disponibilités en hydrocarbures.

« L’objectif est d’avoir des volumes supplémentaires qui permettront d’avoir plus d’approvisionnement pour les Français avec, de façon indirecte, un effet sur les coûts », a annoncé l’Élysée, qui espère un « certain nombre d’engagements » des pays hôtes.

La formulation souligne la portée de la démarche : l’exécutif vise un effet indirect sur les prix à la pompe, sans annoncer à ce stade de baisse chiffrée ni de calendrier de répercussion pour les automobilistes. L’enjeu sera donc de traduire les discussions en livraisons effectives, dans une région où l’acheminement des hydrocarbures reste perturbé.

TotalEnergies et Engie associés à la tournée

De hauts responsables de TotalEnergies et d’Engie accompagnent le président de la République. Leur présence donne une dimension industrielle et commerciale à un déplacement dont l’énergie constitue l’un des principaux fils conducteurs.

La pression sur les approvisionnements s’explique notamment par le blocus du détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ 20 % du pétrole mondial avant la guerre entre les États-Unis et l’Iran. À cette situation s’ajoutent les attaques des rebelles houthis pro-iraniens du Yémen contre l’Arabie saoudite et les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, voie maritime majeure entre l’Europe et l’Asie.

Dans ce contexte, obtenir davantage de pétrole et de diesel suppose également de sécuriser leur transport. Les discussions portent ainsi sur la protection des voies maritimes et les possibilités de contournement pour les hydrocarbures liquides.

L’Arabie saoudite absente du programme, malgré l’enjeu de Yanbu

L’Arabie saoudite ne figure pas parmi les étapes présidentielles. Le royaume occupe pourtant une place importante dans le dispositif français de sécurisation des flux pétroliers.

Fin septembre, Emmanuel Macron a décidé d’envoyer des militaires français pour protéger le port de Yanbu, un terminal majeur d’exportation de pétrole saoudien situé sur la mer Rouge. Cette décision illustre le volet sécuritaire de la stratégie française, parallèlement aux négociations engagées avec les partenaires du Golfe pour renforcer les approvisionnements.

La tournée prolonge également la mobilisation des réserves stratégiques. Les pays du Groupe des Sept (G7), dont la France assure cette année la présidence, ont convenu début octobre de prélever jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut sur leurs stocks, sur une période de quatre mois. L’objectif est de desserrer la pression sur les marchés en attendant une amélioration des conditions d’approvisionnement.

Un déplacement exposé aux critiques en France

Sur le plan intérieur, le maintien de la tournée constitue un choix politiquement sensible. Les violences du week-end ont placé l’exécutif sous pression, alors que la contestation porte notamment sur le coût de la vie.

« Politiquement », ce déplacement à l’étranger en pleine crise « apparaît comme déconnecté des enjeux nationaux et peut donner une forme de sentiment de vide du pouvoir », met en garde le professeur de droit Benjamin Morel, interrogé par l’AFP.

Emmanuel Macron défend, pour sa part, la continuité de son action internationale jusqu’au terme de son mandat, comme il l’avait exposé lors de son intervention télévisée du 24 septembre. Avec cette tournée, l’Élysée cherche à relier cette action à une préoccupation immédiate des ménages : le prix des carburants. La portée économique du déplacement dépendra des volumes obtenus, de leur acheminement et de leur effet sur les coûts d’approvisionnement.

Questions fréquentes

Pourquoi Macron se rend-il dans le Golfe ?

Pour obtenir des engagements sur des volumes supplémentaires de pétrole et de diesel destinés au marché français, afin d'améliorer l'approvisionnement avec un effet indirect sur les coûts.

Quels pays Macron visite-t-il ?

Le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar. L'Arabie saoudite ne figure pas parmi les étapes présidentielles.

Quelles entreprises accompagnent le président ?

De hauts responsables de TotalEnergies et d'Engie accompagnent Emmanuel Macron, donnant une dimension industrielle et commerciale au déplacement.

Pourquoi l'approvisionnement est-il sous pression ?

À cause du blocus du détroit d'Ormuz, des attaques des rebelles houthis contre l'Arabie saoudite et des tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb.

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Retrouvez cet article dans notre dossier : OPEP+ et marché pétrolier

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