Le Medef, par la voix de Patrick Martin, alerte sur le coût d'une revalorisation anticipée du Smic d'environ 1 %, soit 15 euros nets par mois. L'organisation patronale chiffre à 11,5 milliards d'euros le surcoût du travail du budget 2027, tandis que CFDT et CGT réclament 100 euros.
| Hausse envisagée du Smic | 1 %soit environ 15 euros nets supplémentaires par mois |
|---|---|
| Surcoût du travail évalué par le Medef | 11,5 milliards d'eurosbudget de la Sécurité sociale pour 2027 |
| Diminution des allègements selon le Medef | 9,3 milliards d'euroscontre 3,7 milliards avancés par le gouvernement |
| Gel des allègements décidé en 2026 | 2,8 milliards d'eurosallègements supplémentaires perdus selon le Medef |
| Hausse du Smic réclamée par CFDT et CGT | 100 euros |
La perspective d’une hausse anticipée du salaire minimum ravive le débat sur le partage de l’effort entre entreprises et salariés. Invité vendredi sur franceinfo, le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, a averti qu’une mesure destinée à soutenir le pouvoir d’achat pourrait accentuer les tensions salariales dans les entreprises, déjà confrontées, selon lui, à une augmentation du coût du travail.
Selon les informations publiées jeudi par Les Échos, l’exécutif envisage d’avancer de quelques semaines la revalorisation mécanique du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), normalement prévue au 1er janvier prochain. Cette hausse pourrait atteindre 1 %, soit environ 15 euros nets supplémentaires par mois.
Une revalorisation qui s’ajouterait à la baisse des allègements
Patrick Martin ne rejette pas le principe d’une augmentation. Cette éventualité « ne fait pas tiquer le patronat », a-t-il assuré, ajoutant : « S’il y a un coup de pouce, pourquoi pas ». Ses réserves portent sur son articulation avec les mesures du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027.
La hausse du salaire minimum viendrait, selon lui, « se surajouter » à la réduction des allègements de cotisations patronales. « C’est-à-dire qu’on met les entreprises dans la nasse », a déclaré le président du Medef.
À la veille de nouvelles manifestations contre la « vie chère », le responsable patronal a mis en garde contre les conséquences d’une réponse salariale aux tensions sociales. « Au motif d’acheter, en quelque sorte, la paix sociale dans la rue, on va créer la pagaille dans les entreprises », a-t-il estimé.
Patrick Martin pointe la fragilité des entreprises à faibles marges
Le président du Medef affirme que « les entreprises ne sauront pas faire face aux demandes d’augmentation salariales ». Il cite notamment les secteurs de la propreté et de la restauration, où certaines entreprises dégagent, dans l’exemple qu’il avance, un résultat net représentant environ 2 % de leur activité.
« Si le SMIC augmente de 1 point (…), alors on la met en perte. (…) On va faire faire faillite à des entreprises », a-t-il déclaré.
Cette mise en garde traduit la crainte patronale d’un cumul entre hausse des rémunérations et augmentation des prélèvements. L’effet sur la rentabilité dépend toutefois de la situation de chaque entreprise, notamment de la part des salaires dans ses coûts et du nombre de salariés concernés.
Des chiffrages différents entre le Medef et le gouvernement
Au total, le Medef évalue à 11,5 milliards d’euros le « surcoût du travail » que le budget de la Sécurité sociale pour 2027 ferait peser sur les entreprises. Cette estimation comprend notamment le transfert de dépenses de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé et la diminution des allègements de cotisations patronales.
Sur ce dernier volet, l’organisation patronale avance un montant de 9,3 milliards d’euros, contre 3,7 milliards mis en avant par le gouvernement. Les deux évaluations ne couvrent cependant pas le même périmètre : le calcul du Medef intègre également des mesures déjà actées cette année.
Il inclut notamment le gel des allègements décidé en 2026, qui aurait privé les entreprises de 2,8 milliards d’euros d’allègements supplémentaires, selon l’organisation patronale. Pour Patrick Martin, ces sommes ne seront « plus disponibles » pour augmenter les salaires.
La CFDT et la CGT réclament une hausse de 100 euros
Du côté syndical, l’anticipation d’une revalorisation de l’ordre de 1 % est jugée trop limitée. Vendredi matin, Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), et Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), ont toutes deux qualifié la proposition d’« insuffisante ».
Les deux responsables réclament une augmentation du Smic de 100 euros pour soutenir le pouvoir d’achat et relancer la consommation.
Le désaccord porte également sur les effets des allègements de cotisations. Le Medef les présente comme une condition du maintien des marges et de la capacité à augmenter les rémunérations. À l’inverse, le gouvernement et certains économistes soulignent que leur concentration sur les bas salaires peut freiner les progressions salariales : lorsque la rémunération augmente, l’entreprise perd une partie des allègements dont elle bénéficie, ce qui renchérit le coût de l’augmentation.
Questions fréquentes
De combien le Smic pourrait-il augmenter ?
L'exécutif envisage d'avancer de quelques semaines la revalorisation, normalement prévue au 1er janvier. La hausse pourrait atteindre 1 %, soit environ 15 euros nets supplémentaires par mois.
Pourquoi le Medef s'oppose-t-il à la hausse du Smic ?
Patrick Martin ne rejette pas le principe, mais craint que la hausse se surajoute à la réduction des allègements de cotisations patronales, mettant selon lui des entreprises en difficulté.
Quelle hausse du Smic réclament la CFDT et la CGT ?
Marylise Léon (CFDT) et Sophie Binet (CGT) jugent la proposition insuffisante et réclament une augmentation du Smic de 100 euros pour soutenir le pouvoir d'achat.
Combien coûterait le budget 2027 aux entreprises selon le Medef ?
Le Medef évalue à 11,5 milliards d'euros le surcoût du travail, incluant le transfert vers les complémentaires santé et la diminution des allègements de cotisations patronales.
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