Le Livret A a enregistré une collecte nette négative de 1,52 milliard d'euros en septembre, malgré la hausse de son taux à 1,7 % au 1er août. Avec le LDDS, l'épargne réglementée a perdu 2,22 milliards d'euros sur le mois, pénalisée par une rémunération jugée insuffisante.
| Collecte nette Livret A septembre | -1,52 milliard d'euroscollecte nette négative, septembre 2026, source CDC |
|---|---|
| Sorties nettes LDDS septembre | environ 700 millions d'eurosseptembre 2026 |
| Taux du Livret A | 1,7 %depuis le 1er août |
| Taux Livret A projeté | 2,60 %projection BPCE L'Observatoire pour le 1er février 2027 |
| Encours Livrets A et LDDS | 606,7 milliards d'eurosfin septembre, source CDC |
Le rebond estival n’aura pas suffi à inverser la tendance. Selon les données de la Caisse des dépôts (CDC) publiées jeudi 22 octobre, le Livret A a enregistré une collecte nette négative de 1,52 milliard d’euros en septembre. Les retraits ont ainsi de nouveau dépassé les versements, malgré le relèvement de sa rémunération intervenu pendant l’été.
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) a suivi la même trajectoire, avec environ 700 millions d’euros de sorties nettes. Au total, ces deux piliers de l’épargne réglementée ont donc perdu quelque 2,22 milliards d’euros sur le mois.
Une rémunération qui peine à convaincre
La désaffection s’inscrit dans un mouvement engagé depuis le début de 2025, lorsque les taux de l’épargne réglementée ont commencé à reculer. Après avoir atteint 1,5 % en février 2026, la rémunération du Livret A et du LDDS a été relevée à 1,7 % au 1er août. Cette amélioration de 0,2 point n’a toutefois pas suffi à soutenir durablement les versements.
« Les livrets notamment réglementés continuent de pâtir de leur moindre rémunération », faisait remarquer mercredi Eric Buffandeau, directeur adjoint des études de BPCE, le groupe qui rassemble les Banques populaires et les Caisses d’épargne, citée par BFM Business
Le premier semestre avait déjà illustré ce recul de l’attractivité du Livret A. Entre janvier et juin, les retraits avaient excédé les dépôts de 5,93 milliards d’euros, selon la CDC.
« Depuis 2009, seule l’année 2015 avait été marquée par un solde négatif au premier semestre (-2,45 milliards d’euros) », soulignait en août Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne. Le résultat des six premiers mois de 2026 apparaît ainsi nettement plus dégradé que ce précédent.
L’assurance-vie en concurrence, le pouvoir d’achat sous pression
Les livrets réglementés subissent notamment la concurrence de l’assurance-vie. Le rendement moyen de 2,63 % des fonds en euros mentionné dans les données fournies offre, en apparence, une rémunération supérieure.
La comparaison appelle cependant une précaution : le taux du Livret A est net d’impôts et de prélèvements sociaux, tandis que le rendement affiché des fonds en euros ne correspond pas nécessairement au gain net perçu par l’épargnant. Le traitement fiscal dépend notamment des caractéristiques et de l’ancienneté du contrat, ainsi que des retraits effectués.
Les arbitrages entre placements n’expliquent pas seuls les sorties d’argent. La pression sur le pouvoir d’achat réduit également la capacité des ménages à mettre de côté et peut les conduire à mobiliser leur épargne disponible. Dans son analyse, BPCE souligne que le regain d’inflation énergétique pèse sur les ressources consacrées aux placements financiers.
Un taux du Livret A à 2,60 % envisagé pour février 2027
Le retour de l’inflation pourrait néanmoins redonner de l’attrait au Livret A. Selon les prévisions publiées par BPCE L’Observatoire, son taux pourrait atteindre 2,60 % au 1er février 2027, contre 1,7 % actuellement.
Ce scénario repose sur deux hypothèses pour le second semestre 2026 : une inflation moyenne hors tabac de 2,9 % et un taux monétaire €STR moyen de 2,3 %. Ces deux composantes entrent dans la formule de calcul de la rémunération du Livret A. Il s’agit donc d’une projection, et non d’un taux déjà décidé.
Une telle hausse pourrait modifier les arbitrages des épargnants. Dans l’immédiat, BPCE estime toutefois que la revalorisation intervenue en août ne suffira pas à ramener la collecte nette annuelle du Livret A en territoire positif.
Le LEP affecté par les fermetures annuelles
Malgré les sorties enregistrées en septembre, les sommes déposées sur les Livrets A et les LDDS restent considérables : leur encours cumulé atteignait 606,7 milliards d’euros à la fin du mois, un montant stable sur un an, selon la CDC. La part de cette épargne centralisée auprès de l’institution contribue notamment au financement du logement social et de la politique de la ville.
Le Livret d’épargne populaire (LEP) a, lui aussi, enregistré un recul marqué. Son encours a diminué de 3,03 milliards d’euros en septembre, une baisse présentée comme inédite pour ce mois dans les données fournies.
Ce produit, accessible sous conditions de ressources et rémunéré à 2,5 %, a notamment été affecté par la campagne annuelle de fermeture des comptes dont les détenteurs ne remplissent plus les critères d’éligibilité. Son recul répond donc en partie à un mécanisme distinct des arbitrages de rendement qui pèsent sur le Livret A et le LDDS.
Questions fréquentes
Quel est le taux du Livret A actuellement ?
Le taux du Livret A est de 1,7 % depuis le 1er août, après un relèvement de 0,2 point. Il était auparavant à 1,5 % depuis février 2026.
Pourquoi les Français retirent-ils de l'argent du Livret A ?
La moindre rémunération, la concurrence de l'assurance-vie (fonds en euros à 2,63 % en moyenne) et la pression sur le pouvoir d'achat liée à l'inflation énergétique pèsent sur la collecte.
Le taux du Livret A va-t-il augmenter en 2027 ?
Selon une projection de BPCE L'Observatoire, le taux pourrait atteindre 2,60 % au 1er février 2027. Il s'agit d'un scénario, non d'un taux déjà décidé.
Pourquoi le LEP a-t-il reculé en septembre ?
L'encours du LEP a diminué de 3,03 milliards d'euros, notamment à cause de la campagne annuelle de fermeture des comptes des détenteurs ne remplissant plus les critères d'éligibilité.
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