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Hausse du Smic : Farandou assure qu’un coup de pouce « n’est pas un tabou »

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Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a assuré sur France Inter qu'un coup de pouce au Smic « n'est pas un tabou », tout en disant n'avoir « pas de conviction ». La CFDT réclame 100 euros, la CGT 150 euros, à l'approche de la mobilisation du 5 novembre.

Faits clés
Revalorisation automatique du Smic au 1er janvier environ 1 %hausse légale attendue
Revendication CFDT 100 euros net supplémentaires par mois
Revendication CGT 150 euros
Smic mensuel net depuis juin 1 477,93 eurosindiqué par Service Public
Branches sous le Smic 122 branches professionnellesétude CGT citée par Le Parisien

    Le gouvernement maintient ouverte l’hypothèse d’un geste supplémentaire sur le salaire minimum. Invité de France Inter jeudi 29 octobre, le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a assuré qu’un coup de pouce au Smic « n’est pas un tabou ». Il a toutefois reconnu « qu’à ce stade », il « n’a pas de conviction » sur cette mesure, réclamée par les syndicats et redoutée par les organisations patronales.

Cette éventuelle augmentation s’ajouterait à la revalorisation automatique attendue au 1er janvier, estimée à environ 1 %. Dans un contexte de mobilisation pour le pouvoir d’achat, l’exécutif cherche encore un compromis entre soutien aux salariés et contraintes économiques des entreprises.

Farandou cherche « le meilleur équilibre possible »

« Je suis parfaitement conscient que pour les salariés français en ce moment, c’est difficile, que les fins de mois sont compliquées », a déclaré Jean-Pierre Farandou, évoquant notamment la hausse des carburants. Mais « c’est aussi difficile pour les entreprises d’ailleurs aussi, qui passent une période économique compliquée », a-t-il ajouté.

Le ministre dit rechercher « le meilleur équilibre possible » pour « résoudre cette équation compliquée ». Le sujet d’une hausse exceptionnelle du salaire minimum « a été évoqué » lors des rencontres avec les partenaires sociaux, a-t-il confirmé, sans annoncer d’arbitrage.

Il ne reprend pas non plus à son compte la perspective d’un geste dès décembre évoquée par le ministre des Petites et moyennes entreprises, Serge Papin. « Je laisse Serge Papin faire ses annonces, il en a le droit, mais moi, je dis qu’il y a des équilibres à trouver », a-t-il répondu.

Macron appelle les branches à reprendre les négociations salariales

La veille, sur la chaîne YouTube HugoDécrypte, Emmanuel Macron avait privilégié le levier des négociations de branche. Le président de la République avait exhorté les secteurs « qui ont encore des revenus qui sont sous le Smic » à « relancer » les discussions salariales.

« Je pense que la clé elle est plus aujourd’hui sur certaines branches qui ont un niveau de rémunération qui est en dessous du Smic », avait-il expliqué. Il avait appelé à « relancer, là à court terme », « des dialogues sociaux », estimant que cela faisait « partie des axes d’efforts ».

Interrogé sur un éventuel coup de pouce au salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), le chef de l’État avait renvoyé la question au Premier ministre Sébastien Lecornu.

Selon une étude de la Confédération générale du travail (CGT) citée mercredi par Le Parisien, 122 branches professionnelles comptent encore au moins un niveau de salaire conventionnel inférieur au Smic. Les syndicats demandent donc une révision de l’ensemble des grilles, dont certains échelons ont été rattrapés par les revalorisations successives du salaire minimum.

La CFDT réclame 100 euros, la CGT demande 150 euros

Les attentes syndicales dépassent largement la perspective d’une augmentation de 1 %. La Confédération française démocratique du travail (CFDT) réclame 100 euros net supplémentaires par mois, tandis que la CGT demande 150 euros.

Sur cette dernière revendication, Jean-Pierre Farandou s’est montré réticent. « Quand vous êtes à 150 euros, cela représente 16% d’augmentation », a-t-il affirmé, avant d’avertir : « À ce niveau-là, on touche à l’emploi. »

Le pourcentage avancé appelle toutefois une précision : rapportée au Smic mensuel net de 1 477,93 euros indiqué par Service Public depuis juin, une hausse de 150 euros représente environ 10,1 %. La base de calcul utilisée par le ministre pour évoquer 16 % n’est pas précisée dans les propos rapportés.

Le ministre a également mis en avant un risque pour l’emploi. « Si vous augmentez les salaires, ce que font les entreprises, c’est qu’elles réduisent l’emploi et les perspectives, c’est 250 000 emplois supprimés », a-t-il déclaré. Cette estimation, qu’il avance pour étayer ses réserves, n’est pas accompagnée d’une présentation de ses hypothèses dans les éléments rapportés de l’entretien.

Jean-Pierre Farandou redoute aussi une répercussion de la hausse des coûts salariaux sur les prix, notamment dans les services. « Les entreprises de services, notamment, peuvent répercuter cette hausse des salaires dans leurs prix, et donc, vous augmentez l’inflation », a-t-il expliqué.

Le patronat met en garde contre une hausse du coût du travail

Les réserves du ministre rejoignent certaines inquiétudes patronales. Le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, avait estimé vendredi dernier qu’une hausse du Smic destinée à « acheter la paix sociale », ajoutée au renchérissement du coût du travail prévu dans le budget de la Sécurité sociale, risquait de « créer la pagaille dans les entreprises ».

De son côté, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait indiqué qu’une augmentation du salaire minimum « fait partie des débats ».

« Si l’inflation se poursuit (…) évidemment le Smic poursuivra son augmentation. Et sur le calendrier on va évidemment en discuter, ça fait partie des paramètres qu’on doit mettre sur la table avec les partenaires sociaux », avait déclaré le locataire de Bercy.

Une convergence espérée avant la mobilisation du 5 novembre

Jean-Pierre Farandou espère parvenir à « une convergence » entre syndicats et patronat d’ici le 5 novembre, date de la prochaine grande journée de mobilisation.

Le ministre en « appelle au sens des responsabilités de chacun des acteurs », dans un contexte où le gouvernement entend redresser les comptes publics. « La toile de fond, c’est un effort à faire par tous les acteurs pour redresser les comptes du pays, à la fois les comptes de l’État et les comptes de la Sécurité sociale », a-t-il souligné.

Cet appel s’adresse aussi aux entreprises. « On peut demander des efforts aux salariés et aux retraités, mais en contrepartie, il faut aussi que les entreprises acceptent de faire des efforts », a insisté le ministre.

 

Questions fréquentes

Y aura-t-il un coup de pouce au Smic ?

Jean-Pierre Farandou assure qu'un coup de pouce « n'est pas un tabou » mais reconnaît ne pas avoir « de conviction » à ce stade, cherchant « le meilleur équilibre possible ».

De combien augmente le Smic au 1er janvier ?

Une revalorisation automatique est attendue au 1er janvier, estimée à environ 1 %, à laquelle pourrait s'ajouter une éventuelle hausse exceptionnelle.

Combien demandent les syndicats pour le Smic ?

La CFDT réclame 100 euros net supplémentaires par mois, tandis que la CGT demande 150 euros d'augmentation.

Pourquoi le ministre est-il réticent à augmenter le Smic ?

Farandou redoute un risque pour l'emploi, évoquant 250 000 emplois supprimés, et une répercussion sur les prix dans les services, alimentant l'inflation.

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