La Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs entre 3,75 % et 4 %, par dix voix contre deux. Tout en soulignant la solidité de l'économie, elle juge l'inflation, à 3,7 % sur un an, encore trop élevée et laisse ouverte la possibilité d'une hausse en décembre.
| Fourchette des taux directeurs | entre 3,75 % et 4 %maintenue par la Fed |
|---|---|
| Vote du comité | dix voix contre deuxLisa Cook et Beth Hammack favorables à une hausse |
| Inflation à la consommation | 3,7 % sur un anen septembre |
| Objectif d'inflation de la Fed | 2 %cible de l'institution |
La Fed marque une pause, mais la lutte contre l’inflation reste sa priorité. La banque centrale américaine a décidé, par dix voix contre deux, de maintenir ses taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %. Deux responsables, Lisa Cook et Beth Hammack, auraient préféré une nouvelle hausse d’un quart de point, selon le communiqué de la Réserve fédérale.
Ce statu quo était attendu par les investisseurs après le relèvement de septembre, le premier depuis l’été 2023. Il intervient dans un contexte délicat : l’économie américaine reste dynamique, tandis que la hausse des prix continue de dépasser l’objectif de 2 % fixé par l’institution.
Une économie américaine qui résiste aux incertitudes
Conformément à la politique de communication engagée par Kevin Warsh, la Fed a publié une déclaration resserrée, mettant d’abord en avant la solidité de l’activité.
« L’activité économique est en forte expansion. Malgré une incertitude toujours élevée, due notamment à l’évolution de la situation géopolitique, les dépenses intérieures sont restées stables », écrit la banque centrale. Elle souligne également que le taux de chômage a peu évolué.
Cette résistance de l’économie constitue un élément central de son appréciation. Malgré les tensions géopolitiques, la consommation continue de soutenir l’activité, sans que le marché du travail montre de brusque dégradation.
Kevin Warsh juge l’inflation « trop élevée »
La persistance des tensions sur les prix empêche toutefois la Fed de relâcher sa vigilance. L’inflation à la consommation a accéléré à 3,7 % sur un an en septembre, un niveau nettement supérieur à sa cible.
Le choc énergétique consécutif à la guerre déclenchée au Moyen-Orient par le président Donald Trump a largement contribué à cette accélération. La hausse des prix reste ainsi au cœur des préoccupations de la banque centrale.
« L’inflation demeure élevée. L’accumulation d’informations supplémentaires permettra au Comité de déterminer la politique monétaire la plus appropriée pour garantir un retour rapide de l’inflation à son objectif de 2% », précise la Fed dans son communiqué.
Lors de sa conférence de presse, Kevin Warsh a qualifié l’inflation de « trop élevée », présentant le niveau des prix comme le principal problème économique des États-Unis. « Je ne veux pas et je ne peux pas qualifier (les conditions financières) de restrictives », a-t-il également déclaré.
Une nouvelle hausse des taux possible en décembre
La pause d’octobre ne signifie donc pas la fin du resserrement monétaire. En insistant sur « l’accumulation d’informations supplémentaires », la Fed se donne le temps d’examiner les prochaines données économiques avant sa dernière réunion de l’année, prévue en décembre.
Une nouvelle hausse des taux reste possible, sans être actée. Les prochains indicateurs d’inflation et d’activité seront déterminants pour apprécier la nécessité d’un tour de vis supplémentaire.
Le vote partagé d’octobre illustre déjà les divergences au sein du comité de politique monétaire. Les deux voix favorables à une hausse immédiate témoignent de la préoccupation persistante d’une partie de ses membres face à la progression des prix.
Donald Trump continue de réclamer des taux plus bas
Cette prudence monétaire se heurte aux demandes de Donald Trump. Le président américain réclame régulièrement une baisse des taux pour stimuler l’économie et juge excessives les craintes qu’un assouplissement alimente davantage l’inflation.
En septembre, il avait dénoncé le relèvement des taux, l’interprétant comme une décision destinée à lui nuire avant les élections de mi-mandat. Son camp aborde ce scrutin sous pression, alors que le coût de la vie reste un enjeu économique majeur.
Kevin Warsh, nommé par Donald Trump à la tête de la banque centrale, avait alors été épargné par les critiques présidentielles. À l’approche du scrutin, la Fed maintient néanmoins le cap : attendre de nouvelles données, tout en conservant la possibilité de relever encore les taux pour ramener l’inflation vers 2 %.
Questions fréquentes
La Fed a-t-elle changé ses taux ?
Non, la Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %, par dix voix contre deux.
La Fed va-t-elle augmenter ses taux en décembre ?
Une nouvelle hausse reste possible sans être actée. La Fed attend l'accumulation d'informations supplémentaires avant sa dernière réunion de l'année, prévue en décembre.
Quel est le niveau de l'inflation aux États-Unis ?
L'inflation à la consommation a accéléré à 3,7 % sur un an en septembre, un niveau nettement supérieur à la cible de 2 % fixée par la Fed.
Que demande Donald Trump à la Fed ?
Donald Trump réclame régulièrement une baisse des taux pour stimuler l'économie et juge excessives les craintes qu'un assouplissement alimente davantage l'inflation.
