Lors d'un entretien à HugoDécrypte, Emmanuel Macron a appelé à rouvrir les lycées après la Toussaint et à ramener le calme. Le président a défendu Parcoursup tout en annonçant une évolution dès 2027 et un remplacement en 2028, exprimé sa compassion envers les manifestants blessés et évoqué des discussions sur les réseaux sociaux.
| Évolution de Parcoursup | rentrée 2027davantage de clarté sur les algorithmes |
|---|---|
| Remplacement de Parcoursup | 2028nécessitera le vote d'une loi au Parlement |
| Durée de l'entretien | une heureaccordé à la chaîne YouTube HugoDécrypte |
| Date de l'éloignement des manifestations | samedi 24 octobrestratégie pour protéger les centres-villes |
Ramener le calme dans les lycées tout en défendant la réponse de l’exécutif. Lors d’un entretien d’une heure accordé à la chaîne YouTube HugoDécrypte, Emmanuel Macron a souhaité une sortie de la crise lycéenne qui dure depuis plusieurs semaines. Des manifestations aux modalités d’accès à l’enseignement supérieur, le président de la République a alterné appels à l’apaisement et défense des choix gouvernementaux.
Une reprise des cours souhaitée après la Toussaint
« Je souhaite qu’à la rentrée, après les vacances de la Toussaint, les lycées puissent rouvrir parce que quand on parle de l’avenir de notre jeunesse, il faut qu’elle puisse reprendre les cours », a déclaré Emmanuel Macron.
Alors que le gouvernement a présenté plusieurs mesures pour répondre à la mobilisation, le chef de l’État estime que la « jeunesse a été entendue ». Il souhaite désormais qu’elle « puisse reprendre les cours, que le calme revienne et qu’on puisse rouvrir dans de bonnes conditions ces lycées ».
Cet appel intervient alors que les conditions d’apprentissage et l’orientation après le baccalauréat occupent une place centrale dans les revendications lycéennes. Parcoursup, en particulier, reste l’un des principaux points de crispation.
Parcoursup : une refonte assumée, un bilan défendu
Sur la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, Emmanuel Macron défend le principe du dispositif tout en reconnaissant la nécessité de le transformer. Il juge Parcoursup « bien meilleur que ce qu’il y avait avant », mais admet la défiance suscitée par son fonctionnement.
Le calendrier annoncé par le gouvernement prévoit une « évolution forte » dès la rentrée 2027, avec davantage de clarté sur les algorithmes, « avant un remplacement en 2028 ». Cette seconde étape nécessitera le vote d’une loi au Parlement.
Pour le président, Parcoursup présente notamment l’avantage de ne pas recourir au « tirage au sort » et d’être « beaucoup plus transparent » que les systèmes précédents. Il reconnaît toutefois que des progrès sont nécessaires sur « la clarté sur les critères de choix ».
Emmanuel Macron met également en avant les informations disponibles sur les débouchés des formations, un point sur lequel il dit avoir « insisté » lors de sa rencontre avec l’intersyndicale lycéenne. « Ce qui ne va pas, c’est qu’on fait croire à tout le monde que si on a 100 % de place à l’université, l’avenir sera rose, c’est pas vrai », a-t-il ajouté.
Manifestants blessés : de la compassion et un appel au calme
Interrogé sur les blessures graves subies par de jeunes manifestants, dont certains ont perdu une main ou un œil, Emmanuel Macron s’est dit « dans la compassion et le soutien à tous ».
« Évidemment que ça me fait mal quand je vois nos adolescents, nos jeunes qui sont frappés et qui subissent cette conséquence directe dans leur chair », a-t-il déclaré, alors que la réponse policière aux mobilisations est critiquée à gauche et par plusieurs organisations non gouvernementales.
Le président a également évoqué les blessures dans les rangs des forces de l’ordre. « De la même manière j’ai vu des policiers qui étaient blessés, de très jeunes policiers », a-t-il souligné, avant d’appeler à « revenir au calme des deux côtés ».
Sur les actes reprochés à certains policiers, il a assuré : « À chaque fois que des policiers ont été engagés dans des actes qui n’étaient pas normaux, il y a des enquêtes qui ont été ouvertes ».
Le chef de l’État a, par ailleurs, défendu le choix d’éloigner les manifestations des centres-villes le samedi 24 octobre. Selon lui, cette stratégie a permis de « sauver beaucoup de centres-villes », en empêchant des casseurs de profiter des rassemblements pour commettre des dégradations.
Réseaux sociaux : des discussions reconnues, sans confirmation d’un projet de coupure
L’entretien a aussi porté sur une éventuelle restriction de l’accès aux réseaux sociaux pendant les manifestations. Selon le média en ligne Blast, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, aurait demandé à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de se tenir prêts à couper l’accès à TikTok, Instagram, Snapchat et X.
Questionné sur ces informations, Emmanuel Macron a reconnu l’existence d’échanges, sans en préciser la teneur. « Il y a eu des discussions qui ont été faites par le Premier ministre », a-t-il indiqué, ajoutant qu’« il y a eu en tout cas une grande rigueur qui a été mise ». Ses déclarations ne permettent donc pas de confirmer qu’une coupure avait été envisagée.
Le président a surtout insisté sur la responsabilité des plateformes dans le retrait des contenus illicites. Il estime que celles-ci avaient « assez moyennement » supprimé les appels au pillage et à la violence lors des manifestations du 17 octobre.
Il a, en revanche, fait état d’une amélioration lors de la mobilisation suivante : les plateformes « ont retiré une très grande partie » des contenus signalés par les autorités. « Il y a eu une bonne coopération samedi dernier en temps réel », a-t-il affirmé.
Après Trappes, un appel au « sursaut » contre le racisme et l’antisémitisme
Au-delà de la crise lycéenne, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le climat politique après l’attentat qualifié de « terroriste raciste » à Trappes. Il a appelé à un « sursaut », dénonçant une « désinhibition d’un antisémitisme chez certains et une désinhibition du racisme chez les autres », visant La France insoumise et le Rassemblement national.
Interrogé sur les responsabilités politiques dans ce climat, le chef de l’État a estimé qu’il existait « des mouvements politiques qui ont laissé s’installer cela à l’extrême droite », citant le RN et « ceux qui leur sont proches ».
Il a également dénoncé « une forme de désinhibition des propos », « un racisme d’atmosphère » et « une désinhibition des violences », inscrivant son appel à l’apaisement dans une préoccupation plus large concernant le débat public.
Questions fréquentes
Quand les lycées vont-ils rouvrir selon Macron ?
Emmanuel Macron souhaite que les lycées rouvrent à la rentrée, après les vacances de la Toussaint, afin que les élèves puissent reprendre les cours dans de bonnes conditions.
Parcoursup va-t-il être supprimé ?
Le gouvernement prévoit une évolution forte dès la rentrée 2027, avec plus de clarté sur les algorithmes, avant un remplacement en 2028 qui nécessitera le vote d'une loi.
Macron veut-il couper les réseaux sociaux ?
Il a reconnu des discussions menées par le Premier ministre, sans en préciser la teneur. Ses propos ne confirment pas qu'une coupure de TikTok, Instagram, Snapchat ou X ait été envisagée.
Qu'a dit Macron sur les manifestants blessés ?
Il s'est dit dans la compassion et le soutien à tous, évoquant aussi des policiers blessés, et a appelé à revenir au calme des deux côtés.
