Le gouvernement envisage de désindexer certaines dépenses de l’inflation dans le budget 2027. Les ministres David Amiel et Roland Lescure ont évoqué une remise en cause des revalorisations automatiques, sans préciser leur périmètre. Une année blanche similaire aurait permis d’économiser environ 7 milliards d’euros pour 2026.
| Économie estimée par une année blanche pour 2026 | environ 7 milliards d’eurosEstimation défendue par François Bayrou à Matignon dans le cadre du budget 2026 |
|---|---|
| Budget concerné par la désindexation | budget 2027Sujet à aborder selon David Amiel |
Le gouvernement prépare les esprits à une remise en question des mécanismes d’indexation automatique. Interrogé vendredi 31 juillet sur Sud Radio, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a estimé que le sujet devrait être abordé dans le cadre de la préparation du budget 2027.
« Le débat sur les augmentations, les indexations automatiques indifférenciées, il faudra effectivement qu’on l’ait », a-t-il déclaré, alors qu’il était interrogé sur l’éventualité d’une « année blanche » destinée à contribuer au redressement des finances publiques.
Les indexations automatiques dans le viseur de Bercy
David Amiel a défendu la nécessité d’arbitrer entre la revalorisation mécanique de certaines dépenses et le financement des priorités de long terme. « À chaque fois qu’on augmente de manière automatique et indifférenciée [certaines dépenses], ça se fait au détriment d’autres investissements indispensables », a affirmé le ministre des Comptes publics.
Cette position rejoint celle exprimée la veille par le ministre de l’Économie, Roland Lescure. Sur France Inter, celui-ci avait indiqué que le gouvernement allait « regarder ces histoires d’indexation à l’inflation », estimant qu’il s’agissait d’« une manière efficace de faire des économies ».
Ces prises de parole successives renforcent l’hypothèse d’une suspension, au moins partielle, des revalorisations automatiques dans le prochain projet de loi de finances. Selon LCP-Assemblée nationale, le gouvernement n’a toutefois pas encore arrêté les contours de cette éventuelle mesure.
En quoi consiste une « année blanche » budgétaire ?
Une année blanche consiste à maintenir certaines dépenses à leur niveau de l’année précédente, sans les revaloriser en fonction de l’inflation. Le dispositif pourrait notamment concerner les pensions de retraite ou certaines prestations sociales habituellement indexées sur l’évolution des prix.
Cette politique peut également prendre la forme d’un gel du barème de l’impôt sur le revenu. En l’absence de revalorisation des tranches fiscales, certains ménages peuvent changer de tranche sous l’effet de la progression nominale de leurs revenus, tandis que de nouveaux contribuables peuvent devenir imposables. L’État en retire alors des recettes supplémentaires.
L’impact d’une année blanche dépend néanmoins étroitement de son périmètre. Une suspension limitée à quelques catégories de dépenses ne produirait pas les mêmes effets budgétaires qu’un gel généralisé intégrant les retraites, les prestations sociales et le barème fiscal.
Un périmètre encore très incertain
À ce stade, ni David Amiel ni Roland Lescure n’ont précisé quelles dépenses pourraient être concernées. Le gouvernement n’a pas davantage communiqué d’estimation sur les économies susceptibles d’être réalisées en 2027.
Le débat s’annonce donc particulièrement sensible. Une désindexation permettrait de ralentir la progression des dépenses publiques, mais elle entraînerait aussi une perte de pouvoir d’achat en termes réels pour les bénéficiaires des prestations ou pensions concernées.
Le choix d’exempter certains dispositifs, notamment les minima sociaux, pourrait ainsi devenir l’un des principaux points de discussion lors de la préparation du budget.
Une économie évaluée à 7 milliards d’euros pour 2026
Lorsqu’il était à Matignon, François Bayrou avait déjà défendu le principe d’une année blanche dans le cadre du budget 2026. L’ancien Premier ministre estimait alors qu’une telle mesure aurait permis de dégager environ 7 milliards d’euros d’économies.
La piste est depuis revenue dans les recommandations adressées à l’exécutif. Une mission d’économistes chargée de réfléchir au redressement des finances publiques considère qu’une année blanche ne « devrait pas être a priori exclue en 2027 ».
Ces experts préconisent toutefois d’en mesurer précisément les conséquences financières, économiques et redistributives. Ils suggèrent notamment de préserver les minima sociaux, tels que le revenu de solidarité active et le minimum vieillesse, selon une présentation de leurs travaux publiée par Maire-Info.
Alors que le gouvernement cherche à poursuivre la réduction du déficit en pleine année présidentielle, la remise en cause des indexations automatiques apparaît désormais comme l’un des principaux leviers envisagés. Sa portée réelle dépendra toutefois des arbitrages politiques qui précéderont la présentation du projet de budget 2027.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une année blanche budgétaire ?
Une année blanche consiste à maintenir certaines dépenses à leur niveau de l’année précédente, sans les revaloriser en fonction de l’inflation. Elle peut concerner pensions, prestations sociales ou le barème de l’impôt sur le revenu.
Quelles dépenses seraient concernées par la désindexation en 2027 ?
À ce stade, ni David Amiel ni Roland Lescure n’ont précisé quelles dépenses pourraient être concernées. Le gouvernement n’a pas communiqué d’estimation sur les économies susceptibles d’être réalisées en 2027.
Combien rapporterait une année blanche ?
François Bayrou estimait qu’une année blanche aurait permis de dégager environ 7 milliards d’euros d’économies dans le cadre du budget 2026.
Les minima sociaux seraient-ils touchés ?
Une mission d’économistes suggère de préserver les minima sociaux, tels que le revenu de solidarité active et le minimum vieillesse, tout en n’excluant pas une année blanche en 2027.
