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Sécurité économique : face à la hausse des alertes, Bercy muscle son dispositif

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Face à un triplement des alertes depuis 2020, Bercy renforce son dispositif de sécurité économique. Lors des premières Assises du 24 septembre 2026, Roland Lescure a présenté une doctrine publique visant à protéger les entreprises, notamment les PME, tout en préservant l'ouverture de la France.

Faits clés
Alertes enregistrées en 2025 trois fois plus d'alertes en 2025 qu'en 2020SISSE, rattaché à la DGE
Alertes prévues en 2026 dépasser 800 en 2026selon la DGE
Part des PME/ETI dans les alertes BITD 80 %base industrielle et technologique de défense
Menaces capitalistiques plus de 50 % des dossiers
Réunions de comités prévues en 2026 Près de 120 réunionscomités régionaux et départementaux présidés par les préfets

    La protection des entreprises françaises s’installe au cœur des enjeux de souveraineté. Réunies jeudi 24 septembre 2026 à l’initiative de Roland Lescure, les premières Assises de la sécurité économique ont permis au gouvernement de préciser sa réponse à des menaces plus nombreuses et plus diversifiées.

Selon le communiqué de Bercy publié le 25 septembre, le Service de l’information stratégique et de la sécurité économiques (SISSE), rattaché à la Direction générale des entreprises (DGE), a enregistré trois fois plus d’alertes en 2025 qu’en 2020. Leur nombre devrait dépasser 800 en 2026, précise la DGE. Cette progression traduit à la fois un environnement international plus tendu et une meilleure détection des risques. 

Les PME et les sous-traitants en première ligne

Les menaces ne se limitent pas aux grands groupes. Dans la base industrielle et technologique de défense (BITD), 80 % des alertes concernent des petites et moyennes entreprises ou des entreprises de taille intermédiaire. Les chaînes de sous-traitance constituent également des zones de fragilité.

La vigilance porte aussi sur les entreprises dont les technologies pourraient devenir stratégiques, notamment les start-ups. L’enjeu consiste à identifier suffisamment tôt les savoir-faire à protéger, avant que leur importance industrielle ne soit pleinement établie.

Cette exposition dépasse largement la région parisienne. Plus de la moitié des dossiers de 2025 ont été traités hors Île-de-France, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Si quelques pays concentrent la majorité des alertes, une cinquantaine sont impliqués chaque année, selon Bercy.

Des risques capitalistiques aux pressions sur les compétences

Les menaces capitalistiques représentent plus de 50 % des dossiers. Mais la sécurité économique recouvre un champ plus large que la seule protection du capital des entreprises.

Aux pressions juridiques, parfois désignées par le terme de « lawfare », s’ajoutent des risques liés aux normes, aux cyberattaques ou à la réputation. Bercy relève également la manipulation des chaînes d’approvisionnement, le recrutement de personnels peu fiables et le débauchage agressif de cadres clés.

La prévention concerne ainsi les compétences, les informations sensibles et les relations commerciales dont dépend l’activité des entreprises.

Une doctrine publique pour articuler ouverture et protection

Présentée le 24 septembre, la doctrine française de sécurité économique vise à rendre plus lisible l’action de l’État et à y associer les entreprises comme la société civile. Bercy la veut évolutive, avec un principe directeur : l’ouverture demeure la règle, la protection l’exception.

Pour Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, « le champ économique est aujourd’hui le principal terrain d’expression de la compétition géopolitique ». Dans le communiqué transmis à Echosplus, il présente la publication de cette première doctrine comme un moyen de mieux anticiper les technologies émergentes à protéger et de mobiliser une gamme élargie d’outils. « Nous serons intraitables dans son application », prévient-il.

Bercy entend toutefois concilier la protection des actifs stratégiques avec l’accueil des investissements et des partenariats étrangers. Une façon de préserver l’attractivité de la France tout en renforçant sa souveraineté : « ouverture et sécurité économique sont complémentaires », souligne le ministre.

Un dispositif relayé dans les territoires

La doctrine s’appuie sur une organisation instaurée par le décret du 20 mars 2019. Son pilotage interministériel repose sur le COLISE, présidé par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Le SISSE assure la coordination opérationnelle à Bercy, en lien avec les services de renseignement et les ministères concernés.

Dans les territoires, cette organisation se décline au travers de comités régionaux et départementaux présidés par les préfets. Près de 120 réunions de ces comités sont prévues sur l’ensemble de l’année 2026.

Un kit de sensibilisation, cosigné par le ministère de l’Intérieur et le SISSE, doit être adressé à toutes les préfectures. Le réseau territorial du service s’étend également en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française.

Questions fréquentes

Combien d'alertes de sécurité économique en 2026 ?

Le nombre d'alertes enregistrées par le SISSE devrait dépasser 800 en 2026, selon la DGE, soit trois fois plus qu'en 2020.

Quelles entreprises sont les plus menacées ?

Dans la base industrielle et technologique de défense, 80 % des alertes concernent des PME ou des ETI. Les sous-traitants et start-ups sont aussi visés.

Quel est le principe de la doctrine de sécurité économique ?

L'ouverture demeure la règle, la protection l'exception. Bercy veut concilier protection des actifs stratégiques et accueil des investissements étrangers.

Qui pilote la sécurité économique en France ?

Le pilotage interministériel repose sur le COLISE, présidé par le SGDSN. Le SISSE assure la coordination opérationnelle à Bercy, relayée par les préfets en régions.

La Rédactionhttps://echosplus.com
La Rédaction d’Echos Plus propose une information indépendante, rigoureuse et accessible sur l’actualité économique, financière et géopolitique en France, au Maghreb, en Europe et à l’international. À travers des analyses, décryptages et mises en perspective, nous couvrons les grands enjeux qui transforment les économies et les sociétés : énergie, finance, entreprises, marchés, innovation et commerce international. Signés « La Rédaction », nos articles reflètent l’engagement d’Echos Plus en faveur d’un journalisme de qualité, au service de la compréhension des mutations du monde et du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.

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