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Voitures hybrides : la Chine rejette les restrictions demandées par l’UE

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La Chine a rejeté la demande européenne de freiner volontairement ses exportations de voitures hybrides. Bruxelles envisage désormais un plafonnement unilatéral des importations, dans un contexte de déficit commercial atteignant environ un milliard d’euros par jour. Maros Sefcovic négocie à Pékin les 8 et 9 octobre.

Faits clés
Déficit commercial UE-Chine environ un milliard d’euros par jourdepuis 2025, selon Ursula von der Leyen
Date de publication des informations mercredi 7 octobreFinancial Times, relayé par Reuters
Entretiens de Maros Sefcovic 8 et 9 octobredéplacement à Pékin
Échéance politique fixée novembreselon Bernd Lange, si aucun résultat substantiel

   Les voitures hybrides s’imposent comme un dossier central du bras de fer commercial entre Bruxelles et Pékin. D’après des informations publiées mercredi 7 octobre par le Financial Times et relayées par Reuters, la Chine a rejeté une demande européenne visant à freiner volontairement ses exportations vers le marché communautaire.

La Commission européenne chercherait désormais à obtenir l’acceptation par Pékin d’une mesure unilatérale plafonnant les importations de véhicules hybrides, selon deux diplomates informés du projet cités par le quotidien britannique.

Un déficit commercial devenu un enjeu industriel

Ce différend automobile s’inscrit dans une confrontation plus large sur l’équilibre des échanges. Le déficit commercial européen avec la Chine représente, depuis 2025, environ un milliard d’euros par jour. Un déséquilibre que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié de « point de bascule ».

Pour Bruxelles, l’enjeu dépasse la seule balance commerciale. Les Européens accusent les subventions publiques chinoises d’alimenter des surcapacités industrielles dont la production se déverse à bas prix sur leur marché, fragilisant notamment l’automobile.

À ces griefs s’ajoutent les difficultés d’accès des entreprises européennes au marché chinois, la sous-évaluation présumée du yuan et l’utilisation des chaînes d’approvisionnement comme moyen de pression. Pékin conteste ces accusations, tandis que les fragilités propres à l’économie européenne contribuent également au déséquilibre.

« La Chine reconnaît l’existence de déséquilibres commerciaux » avec l’UE, mais « elle rejette l’analyse de cette dernière selon laquelle ces problèmes seraient principalement dus à des surcapacités chinoises ou à une concurrence déloyale », explique Zhu Tian, professeur à la China Europe International Business School de Shanghai, cité par l’AFP.

Paris et Berlin veulent accélérer la riposte européenne

Alors que les négociations se poursuivent, les capitales européennes préparent leurs options. Une proposition franco-allemande doit être présentée lors du sommet européen de mi-octobre afin de compléter les instruments de défense commerciale existants.

L’objectif serait de permettre à l’Union européenne d’exclure en quelques jours de son marché intérieur les biens et les services d’un pays engagé dans une guerre commerciale contre elle. La Chine n’est pas explicitement désignée, mais cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes avec Pékin.

La réaction chinoise souligne la sensibilité du dossier. Le ministère du Commerce a exhorté Paris et Berlin à « s’abstenir d’encourager l’UE à recourir à des outils protectionnistes à tout bout de champ », les avertissant qu’elles risquaient de « subir elles-mêmes les conséquences » de telles décisions.

Les terres rares, une dépendance qui pèse sur les discussions

Pour les négociateurs européens, toute mesure commerciale doit aussi tenir compte des vulnérabilités d’approvisionnement du continent. Les terres rares occupent à cet égard une place particulière : essentielles à de nombreuses industries stratégiques, elles restent un domaine dans lequel la Chine domine l’extraction et le raffinage.

Les restrictions imposées par Pékin sur les exportations en 2025 ont déjà mis en évidence la forte dépendance européenne. La crainte d’un nouveau durcissement complique donc les discussions : Bruxelles cherche à protéger ses entreprises de la concurrence chinoise tout en sécurisant leur accès à des matières premières indispensables.

Bruxelles attend des résultats avant de décider de la suite

Maros Sefcovic aborde ainsi ses entretiens des 8 et 9 octobre avec une double priorité : obtenir des concessions commerciales et empêcher que les différends ne débouchent sur une escalade. En annonçant ce déplacement, un porte-parole de la Commission avait évoqué la recherche de « premiers résultats concrets ».

Les Européens estiment néanmoins disposer de moyens de pression. La dépendance de la Chine à ses exportations, conjuguée à ses difficultés économiques intérieures, pourrait l’inciter à préserver ses débouchés européens.

« Cela confère à l’UE un pouvoir de négociation », souligne Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, dans un communiqué publié avant la visite du commissaire.

Le responsable parlementaire fixe aussi une échéance politique : « L’Europe est prête à coopérer. Mais s’il n’y a pas de résultat substantiel, l’Union européenne doit agir et définir les prochaines étapes en novembre. » Les discussions de Pékin doivent désormais permettre de mesurer si les deux partenaires peuvent encore trouver un compromis sur leurs principaux différends.

Questions fréquentes

Pourquoi la Chine rejette-t-elle les restrictions de l'UE sur les voitures hybrides ?

Pékin refuse de freiner volontairement ses exportations vers le marché européen et conteste l'analyse de l'UE attribuant les déséquilibres aux surcapacités chinoises ou à une concurrence déloyale.

Quel est le déficit commercial entre l'UE et la Chine ?

Le déficit commercial européen avec la Chine représente, depuis 2025, environ un milliard d'euros par jour, qualifié de « point de bascule » par Ursula von der Leyen.

Que prévoit la proposition franco-allemande ?

Présentée au sommet européen de mi-octobre, elle vise à permettre à l'UE d'exclure en quelques jours de son marché les biens et services d'un pays engagé dans une guerre commerciale contre elle.

Pourquoi les terres rares compliquent-elles les négociations ?

La Chine domine l'extraction et le raffinage des terres rares, essentielles à de nombreuses industries. Ses restrictions d'exportation en 2025 ont révélé la forte dépendance européenne.

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