Le déficit commercial du Maroc s'est aggravé de 15,5 % en 2025, selon l'Office des Changes. Les importations ont atteint 822,3 milliards de dirhams, contre 470 milliards pour les exportations. Le taux de couverture recule à 57,2 %, malgré une facture énergétique en baisse pour la troisième année consécutive.
| Importations 2025 | 822,3 milliards de dirhamsSource Office des Changes |
|---|---|
| Exportations 2025 | 470 milliards de dirhams13,7 milliards de plus qu'en 2024 |
| Aggravation du déficit commercial | 15,5 %après 304,9 milliards de dirhams en 2024 |
| Taux de couverture | 57,2 %contre 59,9 % un an auparavant |
| Facture énergétique | 107,5 milliards de dirhamsen baisse de 5,5 %, troisième année consécutive |
Le commerce extérieur marocain poursuit son expansion, mais le déséquilibre entre achats et ventes de marchandises s’accentue. Selon les données de l’Office des Changes, les importations ont atteint 822,3 milliards de dirhams en 2025, contre 470 milliards pour les exportations. Le déficit commercial s’est ainsi aggravé de 15,5 %, après avoir atteint 304,9 milliards de dirhams en 2024.
Le rapport annuel sur le commerce extérieur du Maroc, publié jeudi 15 octobre par l’Office des Changes, détaille les ressorts de cette évolution. Malgré une progression globale des échanges de 6,1 %, le taux de couverture des importations par les exportations recule à 57,2 %, contre 59,9 % un an auparavant. Autrement dit, les ventes marocaines à l’étranger financent une part moins importante des achats du Royaume.
Les biens d’équipement et de consommation alourdissent les importations
La hausse des importations repose principalement sur deux catégories : les produits finis de consommation et les biens d’équipement.
Les premiers représentent 203,5 milliards de dirhams, en progression de 11,8 % sur un an. Les achats de voitures de tourisme, de médicaments et d’appareils électroniques contribuent notamment à cette augmentation.
Les importations de biens d’équipement progressent encore plus rapidement, de 13,4 %, à 199,2 milliards de dirhams. Cette dynamique est notamment alimentée par les véhicules utilitaires, les parties d’avions et les aéronefs. Elle traduit aussi le poids des besoins en équipements dans les achats extérieurs du pays.
Les demi-produits participent également à la hausse. Les produits bruts enregistrent, pour leur part, la plus forte progression relative, à 31,2 %, notamment sous l’effet des achats de soufre brut.
Une facture énergétique en baisse pour la troisième année
L’énergie constitue l’un des principaux facteurs d’allégement des importations. La facture énergétique diminue de 5,5 %, à 107,5 milliards de dirhams, enregistrant ainsi une troisième baisse annuelle consécutive.
Ce recul tient principalement à un effet prix favorable, alors que les volumes importés augmentent. La diminution de la dépense ne traduit donc pas une réduction des quantités achetées à l’étranger.
Cet allégement reste toutefois insuffisant pour contenir le déficit commercial. La progression des achats de biens d’équipement, de produits de consommation et de matières premières absorbe le gain réalisé sur l’énergie.
L’automobile reste en tête, les phosphates accélèrent
Du côté des exportations, les recettes atteignent 470 milliards de dirhams, soit 13,7 milliards de plus qu’en 2024. Mais les performances demeurent contrastées selon les secteurs.
L’automobile conserve sa place de premier secteur exportateur du Royaume, avec 159,2 milliards de dirhams de ventes à l’étranger, malgré un léger recul annuel. La baisse des exportations liées à la construction automobile est partiellement compensée par les performances du câblage et des équipements intérieurs des véhicules.
Les phosphates et dérivés constituent, en revanche, un moteur de croissance. Leurs exportations augmentent de 14,5 %, à 99,7 milliards de dirhams. Les engrais, l’acide phosphorique et les phosphates bruts contribuent tous à cette progression, confortant la deuxième place du secteur dans les ventes marocaines à l’international.
L’agriculture et l’agroalimentaire occupent le troisième rang, avec 87,5 milliards de dirhams d’exportations. L’aéronautique poursuit également son développement : ses ventes progressent de près de 10 %, principalement grâce aux activités d’assemblage.
Le textile et l’électronique en retrait
D’autres filières connaissent une année plus difficile. Les exportations de textile et de cuir reculent de 4,6 %, à 43,7 milliards de dirhams. Les vêtements confectionnés et les articles de bonneterie figurent parmi les segments les plus touchés.
Le secteur de l’électronique et de l’électricité enregistre lui aussi un repli, pénalisé par la diminution des ventes de composants électroniques.
Ces écarts de performance limitent la progression globale des exportations. Si les phosphates et l’aéronautique soutiennent les recettes, leur croissance ne compense pas suffisamment l’accélération des importations. En un an, l’écart entre les achats et les ventes de marchandises s’est ainsi accru de 47,4 milliards de dirhams, malgré une dépense énergétique moins élevée.
Questions fréquentes
Quel est le déficit commercial du Maroc en 2025 ?
Le déficit commercial s'est aggravé de 15,5 % en 2025, avec des importations de 822,3 milliards de dirhams contre 470 milliards d'exportations, soit un écart accru de 47,4 milliards en un an.
Quel est le premier secteur exportateur du Maroc ?
L'automobile conserve sa place de premier secteur exportateur avec 159,2 milliards de dirhams de ventes à l'étranger, malgré un léger recul annuel.
La facture énergétique du Maroc baisse-t-elle ?
Oui, la facture énergétique diminue de 5,5 %, à 107,5 milliards de dirhams, une troisième baisse annuelle consécutive due principalement à un effet prix favorable.
Quels secteurs marocains exportent le plus en 2025 ?
L'automobile (159,2 milliards), les phosphates et dérivés (99,7 milliards, +14,5 %) et l'agriculture-agroalimentaire (87,5 milliards) occupent les trois premiers rangs.
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