Plusieurs pays de l'Union europeenne vont liberer 42,6 millions de barils d'ici fin janvier 2027, dont 20,5 millions de gazole. En France, dix millions de barils de gazole doivent faire baisser les prix de 12 a 18 centimes par litre entre novembre et janvier.
| Barils liberes par l'UE | 42,6 millions de barilsd'ici a fin janvier 2027 |
|---|---|
| Gazole dans le total | 20,5 millions de barilspres de la moitie du total |
| Volet francais | dix millions de barilsde gazole |
| Baisse attendue a la pompe | 12 a 18 centimes par litremoyenne nationale, de novembre a janvier |
| Valorisation du gazole des reserves | 0,28 euro le litrecontre environ 1,10 euro sur le marche, hors distribution, accise et TVA |
Un calendrier européen se précise pour la mise sur le marché des réserves pétrolières. À l’issue du Conseil Énergie à Luxembourg, Bercy a annoncé que 42,6 millions de barils seraient libérés d’ici à fin janvier 2027, dont 20,5 millions de barils de diesel. Selon les éléments transmis par le ministère à la presse, les pays européens entendent ainsi répondre aux tensions qui touchent particulièrement ce carburant.
Un effort coordonné dans le prolongement du G7
Cette mobilisation prolonge l’engagement pris lors du G7 des dirigeants du 2 octobre, réuni sous l’égide du président de la République. Celui-ci avait appelé les membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à libérer 100 millions de barils, majoritairement du diesel, précise Bercy.
Avec les volumes annoncés au Conseil Énergie, l’Europe « fait sa part », souligne le ministère. L’accord porte également sur leur calendrier de mise à disposition : les déstockages doivent intervenir d’ici à la fin de janvier, afin de coordonner l’action des pays participants.
Le diesel représente près de la moitié de l’effort européen. Bercy le présente comme le carburant le plus sous tension, ce qui explique sa place dans le dispositif.
La France mobilisera dix millions de barils sur trois mois
La contribution française s’élèvera à dix millions de barils de diesel. Le ministre a confirmé à Luxembourg leur libération à partir de la semaine suivant le Conseil, sur une période de trois mois.
« La France prendra toute sa part à cet effort européen coordonné avec la libération de 10 millions de barils de diesel de ses stocks stratégiques dès la semaine prochaine et sur les trois prochains mois. Ce dispositif permettra de faire baisser immédiatement les prix à la pompe pour les Françaises et Français », a-t-il déclaré, selon les propos communiqués par Bercy à Echosplus.
Le gouvernement vise une diminution moyenne de 12 à 18 centimes par litre de gazole, comme il l’explique dans sa présentation du dispositif. Cette estimation concerne le marché français et pourra varier d’une station-service à l’autre.
Un avantage à transmettre aux automobilistes
Le mécanisme français repose sur la mise à disposition de carburant stocké à un coût inférieur aux prix actuels du marché. Selon les données publiées par le gouvernement, le gazole des réserves est valorisé autour de 0,28 euro le litre, contre environ 1,10 euro sur le marché, hors distribution, accise et TVA.
L’objectif est de réduire le coût moyen d’approvisionnement des distributeurs, qui doivent répercuter intégralement cet avantage sur les consommateurs.
Dans son communiqué du 12 octobre, TotalEnergies évalue cet avantage à environ dix centimes par litre pour son réseau. Le groupe prévoit de le transmettre dans ses stations du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027, tout en maintenant son plafond de 2,25 euros par litre de diesel au-delà de cette période.
Les tarifs resteront toutefois sensibles à l’évolution des marchés internationaux : l’économie liée aux stocks ne constitue pas une garantie de prix fixe pendant trois mois.
L’électrification au cœur de la réponse française
Au-delà de la réponse immédiate sur les carburants, la France défend une accélération de l’électrification pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Selon Bercy, les discussions ont également porté sur la modernisation du cadre énergétique européen « post-2030 », avec un double objectif : décarboner l’énergie et renforcer l’autonomie de l’Europe.
Paris appelle, dans ce contexte, à mettre fin à la « guerre de religion » entre nucléaire et renouvelables. La position française consiste à reconnaître le rôle des deux sources d’énergie dans la transition, plutôt qu’à les opposer.
La France demande que les objectifs européens traduisent pleinement cette complémentarité et préservent la liberté de chaque État membre de choisir les moyens de sa sortie des énergies fossiles. Le déstockage pétrolier doit ainsi répondre à l’urgence des prix, tandis que l’électrification vise à réduire durablement l’exposition aux tensions sur les hydrocarbures.
Questions fréquentes
Combien de barils l'UE va-t-elle liberer ?
Plusieurs pays de l'UE se sont engages a liberer 42,6 millions de barils d'ici fin janvier 2027, dont 20,5 millions de barils de gazole, soit pres de la moitie du total.
De combien vont baisser les prix des carburants en France ?
Selon le gouvernement, la mobilisation de dix millions de barils de gazole doit permettre une baisse moyenne de 12 a 18 centimes par litre pendant trois mois, de novembre a janvier.
Quel avantage prevoit TotalEnergies ?
TotalEnergies estime a environ dix centimes par litre l'avantage pour ses stations, applique du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027 dans ses 3 300 stations francaises.
Les prix seront-ils fixes pendant trois mois ?
Non. TotalEnergies precise que ses tarifs continueront d'evoluer avec les marches internationaux du diesel. Une hausse des cours pourrait absorber une partie de l'avantage a la pompe.
Retrouvez cet article dans notre dossier : OPEP+ et marché pétrolier
