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Rachida Dati auditionnée à l’Assemblée : la ministre défend l’audiovisuel public et promet une réforme « à coût constant

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  • Auditionnée pendant trois heures, ce jeudi 5 février, par la commission d’enquête sur la « neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », Rachida Dati a plaidé pour un « nouvel élan » du service public.
  • Au cœur de son propos : la création d’une holding « France Médias », annoncée « à coût zéro », et des échanges tendus sur le pluralisme, l’Arcom et les polémiques impliquant des journalistes.

   Face aux députés, la ministre de la Culture a posé d’emblée le service public de l’audiovisuel comme un pilier démocratique. « L’audiovisuel public est au cœur de notre démocratie, il doit être un outil essentiel de citoyenneté, d’intégration, d’émancipation, de liberté », a-t-elle déclaré, appelant à lui donner un « nouvel élan ».

Rachida Dati a également justifié la nécessité d’une réforme par un argument d’accès à l’information. « Si demain nous n’avons plus d’audiovisuel public, une partie de nos concitoyens (…) n’auront plus accès à quoi que ce soit », a-t-elle lancé, avant d’insister : « C’est pour ça qu’il faut le réformer, le préserver. »

Interrogée par le rapporteur Charles Alloncle (Union des droites pour la République) sur un récent rapport de la Cour des comptes jugé très critique sur la gestion budgétaire de France Télévisions, la ministre a défendu une logique de service public difficilement comparable au privé.

« L’audiovisuel public assure des missions qui ne sont pas rentables », a-t-elle rappelé, estimant qu’« on ne [pouvait] pas mettre sur le même plan la gestion d’un média privé et d’un service audiovisuel public ». Un rappel destiné à replacer la question budgétaire dans un cadre plus large : celui des obligations, de l’offre éditoriale et des publics desservis.

Le point central de l’audition a porté sur la réforme que Rachida Dati dit considérer comme « indispensable » : la création d’une holding baptisée « France Médias », censée chapeauter France Télévisions, Radio France et l’INA (Institut national de l’audiovisuel).

La ministre a promis une mise en œuvre sans surcoût : cela se ferait « à coût zéro, à coût constant ». Selon elle, « cette structure unique permettra d’avancer sur une stratégie cohérente et de qualité », avec « un PDG unique, un chef d’orchestre indispensable », a-t-elle affirmé.

Sur le calendrier parlementaire, Rachida Dati a renvoyé la décision aux élus : « Il reste une seule lecture. C’est la responsabilité aussi des parlementaires. »

Neutralité et pluralisme : l’Arcom au centre du contrôle

Sur les enjeux de neutralité et de pluralisme — au cœur des obligations du service public — la ministre a répété qu’il appartenait à l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) de vérifier le respect des règles.

 « L’objectif du service public est de rassembler, pas de diviser, ce n’est pas de représenter une sensibilité au détriment d’une autre. (…) C’est de rassembler tous les Français dans toutes leurs sensibilités », a-t-elle estimé.

L’audition a aussi été alimentée par l’affaire Patrick Cohen – Thomas Legrand, après la diffusion en septembre d’une conversation enregistrée à leur insu en juillet avec deux responsables du Parti socialiste, dans laquelle les journalistes évoquaient la candidature de Rachida Dati aux municipales à Paris.

« Ces enregistrements à l’insu des gens, je l’ai vécu à mes dépens, c’est inacceptable, je suis contre ce procédé », a déclaré la ministre. Sur les termes employés dans l’échange, elle a contesté l’argument du « jargon journalistique », expression citée par Thomas Legrand lors de son audition : « Ce qui est dit est grave, ce n’est pas des propos journalistiques, on ne dit pas qu’on va “s’occuper de quelqu’un” », a ajouté Rachida Dati.

Accusations visant Complément d’enquête : des demandes de preuves, un refus

Autre moment sensible : la ministre a de nouveau accusé les journalistes de Complément d’enquête d’avoir proposé d’indemniser une source.

« Ils ont proposé via un tiers auprès d’un membre de ma famille de pouvoir le payer s’il fournit des informations [sur moi] », a-t-elle assuré.

Plusieurs députés, dont la socialiste Ayda Hadizadeh (Socialistes), lui ont demandé de produire des éléments, en transmettant les messages en sa possession au rapporteur et au président de la commission. « Nous devons enquêter pour savoir s’il y a des journalistes voyous dans le service public », a considéré la députée. Ce que la ministre a refusé.

Le président de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a indiqué vouloir saisir la présidence de l’Assemblée : « Je vais saisir le Bureau de la présidente de l’Assemblée nationale pour qu’on m’indique si j’ai le droit ou non de vous demander ces documents », a-t-il poursuivi.

En fin d’audition, Rachida Dati, qui doit bientôt quitter le gouvernement pour mener sa campagne municipale à Paris, a livré une phrase de méthode et de trajectoire : elle estime que « quand on est ministre de la Culture, on le demeure après, quoi qu’il arrive».

« C’est une mission qui va me poursuivre », a-t-elle confié, en identifiant deux « enjeux » majeurs à venir : « la guerre de l’information » et « la démocratisation de la culture ».

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