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Renault : revenus en hausse en 2025, mais perte nette de 10,9 milliards liée à Nissan

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  • Malgré une progression de son chiffre d’affaires à 57,92 milliards d’euros en 2025, Renault voit sa rentabilité s’éroder et enregistre une perte nette de 10,93 milliards d’euros, largement imputable à la dépréciation de sa participation dans Nissan.
  • Le constructeur, qui n’a pas atteint son objectif de marge, anticipe en outre un nouveau recul de sa rentabilité en 2026.

    Renault referme un exercice 2025 contrasté. Le constructeur au losange a publié, jeudi 19 février, des résultats marqués par une progression modérée de son activité, mais aussi par une forte dégradation du résultat net. Si le chiffre d’affaires progresse de 3% sur un an, la rentabilité recule et l’année est surtout marquée par une perte historique, conséquence de la dépréciation de sa participation dans Nissan.

Dans un environnement toujours tendu pour l’automobile européenne, le groupe aborde désormais 2026 avec des objectifs plus prudents.

Publié ce jeudi 19 février, le bilan annuel fait apparaître une progression des revenus de 3%, à 57,92 milliards d’euros (soit +4,5%hors effets de change). La division automobile totalise 51,44 milliards d’euros, en hausse de 1,8% en données publiées (+3,4% hors changes).

Dans le détail, Renault explique que les volumes ont contribué positivement à hauteur de 0,7 point, tandis que les prix ont pesé pour 0,2 point. Le groupe invoque un environnement commercial tendu : « en raison des conditions de marchés qui restent difficiles en Europe avec de la pression commerciale », a-t-il justifié.

Le principal moteur de croissance reste le “mix” produit — l’orientation des ventes vers des modèles plus chers et mieux margés — avec un impact positif de 3,2 points, porté par les lancements récents. Renault cite notamment les performances du Bigster (SUV de Dacia) et de la R5 électrique.

 C’est sur la rentabilité que le tableau se dégrade. La marge opérationnelle ressort à 3,632 milliards d’euros, en recul de 14,8% sur un an. Rapportée au chiffre d’affaires, elle s’établit à 6,3%, contre 7,6% en 2024.

Une perte nette de 10,93 milliards d’euros, plombée par Nissan

Le chiffre le plus marquant de ces résultats reste toutefois la perte nette de 10,93 milliards d’euros. Elle s’explique en grande partie par Nissan. En juillet, Renault a procédé à une réévaluation de sa participation de 35,7% dans son allié japonais, entraînant une dépréciation comptable par rapport à la valeur inscrite dans ses comptes. L’impact atteint 9,3 milliards d’euros.

À cette charge exceptionnelle s’ajoute la consolidation d’une partie des pertes de Nissan, qui a amputé le résultat net de Renault de2,33 milliards d’euros supplémentaires.

Un cash-flow solide, en ligne avec les objectifs

Sur le terrain de la trésorerie, la situation est plus favorable. Le constructeur a dégagé un flux de trésorerie libre automobile de 1,47 milliard d’euros, dans le haut de la fourchette annoncée (entre 1 et 1,5 milliard).

D’après le consensus relayé par le groupe, les analystes anticipaient 57,69 milliards d’euros de chiffre d’affaires, une marge opérationnelle de 3,64 milliards (soit 6,3%), une perte nette de 9,82 milliards et un flux de trésorerie de 1,17 milliard d’euros.

2026 : une rentabilité attendue en recul, sous l’effet de l’électrique et de l’international

Pour 2026, Renault vise une marge opérationnelle d’environ 5,5%, soit une baisse de 0,8 point par rapport à 2025, et un flux de trésorerie d’environ 1 milliard d’euros.  Le constructeur assume un effet “dilutif” de sa trajectoire commerciale :

« En 2026, la croissance à l’international, la progression des ventes à partenaires, la part croissante des véhicules électriques et l’impact en année pleine de la consolidation de RNAIPL (…) conduiront à une croissance du chiffre d’affaires, bien que ces effets soient dilutifs sur la marge », a expliqué le groupe.

 En somme, Renault reconnaît que l’augmentation de la part des véhicules électriques et l’expansion internationale — ainsi que certains volumes réalisés via des partenaires — pèsent sur la rentabilité, comparativement aux ventes européennes de modèles thermiques ou hybrides.

Objectifs de moyen terme : marge entre 5% et 7% et réduction des coûts

Au-delà de 2026, Renault publie aussi des perspectives de moyen terme : une marge opérationnelle comprise entre 5% et 7%, et une génération de flux de trésorerie d’au moins 1,5 milliard d’euros par an. Le groupe vise par ailleurs une croissance “moyenne à un chiffre” de son chiffre d’affaires, soit environ 5% par an.

Pour atteindre ces objectifs, Renault veut continuer à réduire ses coûts variables, avec une ambition de 400 euros de coûts en moins par véhicule produit, en moyenne, chaque année. Cette dynamique doit être soutenue « notamment à des améliorations technologiques, à la compétitivité de Horse Powertrain (…) et à la collaboration étroite avec ses fournisseurs ».

Un “strategy day” le 10 mars, et un regard sur la concurrence chinoise

 La suite doit être précisée rapidement. « Nous annoncerons dans quelques semaines notre stratégie qui vise la croissance de nos activités ainsi que le renforcement de la résilience de notre modèle opérationnel et financier », a déclaré François Provost, confirmant la tenue d’un “strategy day” le 10 mars.

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