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Canicule : Marine Le Pen promet un « plan massif de climatisation » et revendique un virage sur le climat

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  •  En pleine vague de chaleur, Marine Le Pen remet au premier plan sa proposition de déployer un « plan massif de climatisation » dans les hôpitaux, les Ehpad et les écoles.
  • La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale défend également une nouvelle lecture des travaux du Giec, tout en critiquant la politique climatique menée par le gouvernement.

    En pleine période de canicule, Marine Le Pen remet au cœur du débat public sa proposition de déployer un vaste programme de climatisation des bâtiments accueillant les populations les plus fragiles. « Si je suis élue à l’élection présidentielle, je mettrai en place un plan massif de climatisation », a-t-elle affirmé lors de sa visite au salon VivaTech à Paris

Cette mesure viserait en priorité « les espaces où il y a les gens les plus vulnérables, les hôpitaux, les Ehpad, les écoles ». Pour la cheffe de file des députés RN, il s’agit avant tout d’« une question de santé publique ».

Le sujet n’est pas totalement nouveau dans le discours du parti. Dès l’été 2025, lors d’un précédent épisode de fortes chaleurs, le RN et l’Union des droites pour la République (UDR) avaient déjà plaidé pour un programme national de climatisation. Toutefois, cette proposition ne figurait pas dans les onze priorités environnementales défendues par Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2022.

Une tentative de repositionnement sur le climat

Cette offensive intervient alors que le Rassemblement national est accusé d’avoir longtemps entretenu une relation ambiguë avec les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Marine Le Pen avait notamment qualifié l’organisation « d’alarmiste » il y a encore trois ans. Aujourd’hui, le RN affirme reconnaître pleinement la valeur scientifique de ses travaux.

« Le Giec, je ne l’ai jamais remis en cause », a ainsi assuré Sébastien Chenu, député du Nord et vice-président de l’Assemblée nationale, sur franceinfo. Selon lui, les experts climatiques « font des analyses intéressantes », même si le parti estime possible « d’avoir des divergences sur les propositions de sortie » avancées par l’organisme.

Le député appelle ainsi à « évoluer et débattre » des recommandations du Giec, tout en dénonçant le manque d’anticipation des pouvoirs publics face au réchauffement climatique.

Le RN attaque le gouvernement sur son manque d’anticipation

Pour Sébastien Chenu, les difficultés rencontrées ces derniers jours sur certaines lignes ferroviaires illustrent les insuffisances de l’action publique. « Ils n’ont eu aucune vision, aucune anticipation » du dérèglement climatique, affirme-t-il, évoquant notamment l’annulation de dizaines de trains Intercités faute de systèmes de climatisation pleinement opérationnels pendant la vague de chaleur.

L’élu critique également la ministre de l’Écologie, Monique Barbut, qu’il accuse d’être absente du débat parlementaire : « Elle n’est jamais là pour représenter son portefeuille ministériel et répondre à la représentation nationale. »

De son côté, Marine Le Pen, invitée de France Culture, a tenté de clarifier la position de son parti sur le changement climatique. « Les hypothèses [du Giec], prévoir l’avenir du climat, ce n’est pas une difficulté, là où le maillon est faible, c’est au niveau de la décision politique », a-t-elle déclaré.

La dirigeante du RN estime que certaines projections du Giec bénéficient d’une couverture médiatique disproportionnée : « Le Giec fait plusieurs hypothèses, il y a des hypothèses extrêmement alarmistes et d’autres qui le sont moins. C’est l’écho médiatique de ces hypothèses qui bien souvent prend l’hypothèse la plus grave. »

Marine Le Pen revendique par ailleurs la cohérence de plusieurs positions historiques de son mouvement, notamment sur le nucléaire, l’hydroélectricité ou encore la critique des accords de libre-échange. « Quand nous défendons le nucléaire et l’hydro, nous avons raison », affirme-t-elle, avant d’ajouter qu’elle considère avoir également raison avec son « grand plan clim ».

Au-delà de la seule climatisation, Marine Le Pen défend une approche fondée sur l’innovation technologique pour faire face au réchauffement climatique. « En 2026, il est honteux que des bébés qui naissent dans des hôpitaux, des personnes âgées, des malades, soient obligés de supporter des chaleurs qui tuent », dénonce-t-elle.

La présidente du groupe RN estime que le progrès technique permettra de concilier qualité de vie et adaptation aux nouvelles conditions climatiques. « Je crois beaucoup au progrès. Je considère que l’homme a un génie qui fait qu’il arrivera à trouver technologiquement, scientifiquement, les solutions pour pouvoir continuer à vivre dans le confort avec le changement climatique que nous vivons », affirme-t-elle.

Le Fonds vert et la fiscalité énergétique dans le viseur

Marine Le Pen s’oppose également au fonctionnement actuel du Fonds vert, destiné à soutenir les collectivités territoriales dans leurs projets de transition écologique et de rénovation énergétique. « Le Fonds vert exclut expressément la climatisation, donc ça me pose un problème », juge-t-elle, estimant que « des structures plus efficaces et plus pertinentes » pourraient être mises en place.

La dirigeante du RN réaffirme aussi son intention de réduire la TVA sur les énergies fossiles malgré leur impact sur les émissions de gaz à effet de serre. « Cette énergie, c’est un bien de première nécessité, et donc je considère que l’État doit faire un effort pour ne pas la taxer », explique-t-elle.

Une position qui s’inscrit dans une critique plus large des politiques de sobriété énergétique. « Je ne crois pas que la solution soit dans la décroissance », conclut-elle.

La majorité dénonce une mesure « gadget »

Les propositions du RN sont vivement contestées par la majorité présidentielle. Agnès Pannier-Runacher, députée Ensemble pour la République et ancienne ministre de la Transition écologique, accuse le parti d’extrême droite de chercher à faire oublier ses positions passées sur le climat.

« Le RN cherche à faire oublier le déni climatique dans lequel il se complaît depuis des années », estime-t-elle.

L’élue juge également que la généralisation de la climatisation constitue « une mesure gadget dont la mise en œuvre ferait exploser la facture énergétique des plus pauvres ».

À l’approche de la présidentielle de 2027, la question de l’adaptation de la France aux épisodes de chaleur extrême pourrait ainsi devenir l’un des nouveaux terrains d’affrontement entre majorité, écologistes et Rassemblement national.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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