- Le marché automobile européen confirme son redressement au printemps, porté par la forte progression des véhicules 100 % électriques.
- En avril, les immatriculations de voitures neuves ont augmenté de 5,1 % dans l’Union européenne, tandis que l’essence et le diesel poursuivent leur recul.
Un marché européen toujours orienté à la hausse. Les immatriculations de voitures neuves dans l’Union européenne ont de nouveau progressé en avril, selon les données publiées mercredi par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Après un bond de 12,5 % en mars, les ventes ont atteint 972.000 unités sur le mois, soit une hausse de 5,1 % sur un an.
Sur les quatre premiers mois de l’année, le marché automobile européen affiche désormais une progression de 4,2 %, confirmant une reprise graduelle de la demande malgré un environnement économique encore contraint.
L’électrique s’impose comme le moteur de la croissance
La dynamique la plus marquée concerne les voitures 100 % électriques. Leurs ventes ont bondi de 37,7 % en avril sur un an, un rythme nettement supérieur à celui du marché dans son ensemble.
Sur les quatre premiers mois de l’année, les véhicules électriques ont représenté 19,7 % du marché européen. Leur part a même atteint 20,6 % sur le seul mois d’avril, signe d’une adoption qui s’accélère dans plusieurs grands pays de l’Union.
En avril, l’écart avec les voitures à essence s’est fortement réduit : 200.117 voitures électriques ont été immatriculées en Europe, contre 218.485 modèles essence. Dans plusieurs marchés majeurs, les électriques ont même dépassé l’essence, notamment en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suède.
Les hybrides restent le premier choix des Européens
Malgré la percée de l’électrique, les voitures hybrides non rechargeables demeurent le premier choix des automobilistes européens. Elles ont représenté 38,2 % des ventes sur les quatre premiers mois de l’année.
À l’inverse, les motorisations thermiques poursuivent leur déclin. L’essence et le diesel ne pèsent plus que 30,2 % du marché européen, contre 38,1 % un an plus tôt. En avril, les ventes de voitures à essence ont chuté de 16 %, tandis que celles des modèles diesel ont reculé de 17 %.
Le diesel ne représente désormais plus que 7,6 % du marché total. L’Allemagne conserve toutefois un poids déterminant sur ce segment, concentrant à elle seule 43 % des ventes européennes de voitures diesel en avril.
France, Allemagne et Italie tirent les ventes électriques
Sur les quatre premiers mois de l’année, trois pays ont représenté les deux tiers des ventes de voitures électriques dans l’Union européenne : l’Italie, la France et l’Allemagne.
La progression est particulièrement marquée en Italie, où les ventes électriques ont bondi de 73 %. La France affiche également une forte hausse, avec +48,2 %, devant l’Allemagne, à +41,3 %. Le marché français se distingue aussi par le recul le plus net des voitures à essence, dont les ventes ont chuté de 36,6 %.
Volkswagen reste leader, les groupes chinois accélèrent
Côté constructeurs, Volkswagen conserve une avance confortable sur le marché européen. Le groupe allemand a représenté 27,4 %des immatriculations en avril, avec des volumes en hausse de 3,2 %, portés notamment par Skoda et Audi.
Stellantis reste deuxième, avec 16,4 % de part de marché. Ses immatriculations ont progressé de 5,5 %, soutenues par Fiat et Opel. Renault recule en revanche, avec une part de marché ramenée à 10,1 % et des volumes en baisse de 4,3 %.
Derrière, Hyundai et Toyota ont marqué le pas, avec respectivement 7,3 % et 6,8 % du marché en avril, mais des ventes en recul de 2,5 % et 1,8 %.
La poussée des constructeurs chinois constitue l’autre fait marquant. BYD a doublé ses ventes pour atteindre 2,1 % du marché européen. Chery a presque quadruplé les siennes, à 1,5 %, tandis que Leapmotor a quintuplé ses volumes et pèse désormais 0,8 %du marché.
La photographie du marché européen en avril confirme une bascule progressive mais rapide du secteur automobile. Les hybrides dominent encore les ventes, mais l’électrique se rapproche désormais du niveau de l’essence dans plusieurs grands marchés.
Pour les constructeurs européens, l’enjeu est double : préserver leurs positions face à la concurrence chinoise tout en accélérant leur transition vers les motorisations bas carbone. Le recul continu des thermiques montre que la recomposition du marché automobile européen est désormais bien engagée.
