- Le géant japonais SoftBank annonce un investissement record de 75 milliards d’euros en France dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
- Porté par des data centers géants dans les Hauts-de-France, ce projet doit renforcer l’ambition française de devenir un acteur majeur de l’IA en Europe.
À la veille du sommet Choose France, SoftBank frappe fort. Le groupe japonais d’investissement technologique va engager 75 milliards d’euros en France dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, a annoncé son président, Masayoshi Son, à La Tribune Dimanche.
« Ce sera l’investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle : 75 milliards d’euros au total, dont 45 milliards d’ici à 2031, dans les Hauts-de-France », a déclaré le dirigeant.
Cette annonce intervient avant la neuvième édition de Choose France, organisée lundi au château de Versailles, où Emmanuel Macron entend confirmer l’attractivité de l’Hexagone auprès des investisseurs étrangers. L’édition 2025 avait déjà permis d’annoncer 20 milliards d’euros de projets.
Les Hauts-de-France au cœur du projet
Le projet de SoftBank prévoit la construction de plusieurs data centers de grande capacité dans le nord de la France. Les sites retenus se situent notamment à Loon-Plage, près de Dunkerque, à Bouchain, près de Valenciennes, dans une ancienne centrale thermique, ainsi qu’au Bosquel, près d’Amiens.
Selon Masayoshi Son, la décision a été prise après sa rencontre avec Emmanuel Macron lors de la visite officielle du président français à Tokyo en avril.
« J’ai été très sensible au fait qu’Emmanuel Macron s’engage autant à titre personnel pour assurer le succès économique de la France, même si nos investissements se concentraient jusqu’ici majoritairement aux États-Unis, ainsi qu’au Japon et en Asie », a-t-il affirmé.
L’électricité bas carbone, principal atout français
Pour SoftBank, l’un des grands avantages compétitifs de la France réside dans son énergie. Les data centers nécessaires à l’intelligence artificielle sont très consommateurs d’électricité, ce qui rend l’accès à une énergie abondante, stable et décarbonée stratégique.
« Le fait que le pays soit producteur et exportateur d’énergie est absolument décisif pour des investissements d’infrastructure dans l’intelligence artificielle. Surtout pour des data centers », a souligné Masayoshi Son.
EDF a salué, de son côté, « la capacité de la France à accueillir des infrastructures numériques de grande ampleur grâce à une électricité compétitive, souveraine et bas carbone ».
Schneider Electric associé au chantier
Le groupe français Schneider Electric sera partenaire du projet. Son directeur général, Olivier Blum, a évoqué « un partenariat important, un gros projet, le plus gros qu’il y ait eu en France » dans ce secteur.
Il a précisé que la France disposait d’environ 1,5 gigawatt installé dans les centres de données à la fin 2025. Le projet SoftBank prévoit une première phase de 3 gigawatts, puis une seconde pouvant atteindre 5 gigawatts.
Schneider Electric doit notamment contribuer au design et à la fourniture des équipements, avec la création d’une usine de modules préfabriqués de data centers sur le port de Dunkerque.
Paris veut rattraper son retard dans l’IA
Cette annonce s’inscrit dans la stratégie française visant à faire de l’Hexagone un pôle majeur de l’intelligence artificielle. En février 2025, le sommet de Paris sur l’IA avait déjà permis d’annoncer 109 milliards d’euros d’investissements dans le secteur.
EDF et RTE avaient alors présenté des offres destinées à attirer les investisseurs. Trente-cinq sites « prêts à l’emploi » avaient été identifiés pour accueillir des centres de données dédiés à l’IA, dont plusieurs dans les Hauts-de-France.
Fondé en 1981 par Masayoshi Son, SoftBank Group est l’un des principaux investisseurs mondiaux dans les télécoms, la technologie et l’intelligence artificielle. Le groupe détient notamment 11 % du capital d’OpenAI, selon La Tribune Dimanche.
Un enjeu industriel et politique
Pour Masayoshi Son, l’Europe doit désormais accélérer face aux États-Unis, aujourd’hui au centre de l’innovation mondiale.
« Rattraper les États-Unis, aujourd’hui le centre de gravité mondial de l’innovation, est un enjeu pour la plupart des autres pays », estime-t-il. L’Europe devra, selon lui, « trouver la bonne voie » pour atteindre un équilibre entre innovation et régulation.
Avec ce projet, la France espère consolider sa place dans la course mondiale à l’intelligence artificielle, tout en transformant les Hauts-de-France en territoire clé des infrastructures numériques européennes.
