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OpenAI prépare son entrée en Bourse et franchit une étape décisive vers une IPO

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  • Le créateur de ChatGPT a déposé de manière confidentielle des documents auprès du régulateur boursier américain.
  • Une démarche qui ouvre la voie à une future introduction en Bourse et confirme les ambitions d’expansion du géant de l’intelligence artificielle, désormais valorisé à plus de 850 milliards de dollars.

    OpenAI accélère sa transformation en entreprise mondiale de l’intelligence artificielle. Le groupe à l’origine de ChatGPT a annoncé avoir déposé, de façon confidentielle, des documents préliminaires auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur américain des marchés financiers. Cette procédure marque une étape stratégique vers une éventuelle introduction en Bourse (IPO), même si aucun calendrier précis n’a encore été arrêté.

Avec cette initiative, la société basée à San Francisco rejoint la liste croissante des leaders de l’IA qui envisagent les marchés publics comme levier de financement pour soutenir leurs investissements massifs dans les infrastructures et la recherche.

Une IPO envisagée mais sans échéance définie

OpenAI reconnaît que cette démarche pourrait nourrir les spéculations autour d’une future cotation. Dans un communiqué, l’entreprise explique avoir choisi de communiquer publiquement sur ce dépôt afin d’anticiper d’éventuelles révélations.

« Nous nous attendons à ce que l’information fuite, donc nous la rendons simplement publique », indique la société.

OpenAI souligne toutefois que l’introduction en Bourse n’est pas imminente. « Nous n’avons pas encore arrêté de calendrier ; cela pourrait prendre du temps, car nous voulons faire certaines choses qui seront probablement plus faciles en étant une entreprise non cotée. Mais il s’agit d’un jeu d’arbitrages complexe, et cette démarche nous donne la possibilité d’entrer en Bourse plus tôt si c’est finalement la meilleure option », ajoute le groupe.

Cette annonce intervient quelques jours après celle d’Anthropic, l’éditeur du chatbot Claude, qui a lui aussi confirmé préparer une IPO. De son côté, SpaceX a engagé un roadshow auprès des investisseurs, renforçant également son positionnement dans l’intelligence artificielle.

D’une organisation à but non lucratif à un géant valorisé 852 milliards de dollars

Fondée en 2015 comme une organisation à but non lucratif destinée à développer une intelligence artificielle au service de l’intérêt général, OpenAI a profondément évolué au fil des années.

L’entreprise est aujourd’hui valorisée à 852 milliards de dollars, soit environ 730 milliards d’euros, ce qui la placerait parmi les plus importantes sociétés technologiques mondiales en cas de cotation.

Une étape majeure a été franchie en 2025 lorsque le groupe a restructuré ses activités pour adopter le statut de public benefit corporation (société d’intérêt public), tout en conservant le contrôle de son organisation mère à but non lucratif. Cette évolution était considérée comme un préalable indispensable à une éventuelle entrée en Bourse.

Une victoire judiciaire face à Elon Musk

La trajectoire d’OpenAI a également été marquée par un affrontement juridique avec Elon Musk, cofondateur et premier investisseur de l’entreprise.

Le mois dernier, la société a remporté un procès devant un jury fédéral américain. Musk contestait la transformation du groupe en structure à but lucratif et cherchait à écarter Sam Altman de la direction. La justice a finalement rejeté sa plainte, estimant qu’elle avait été déposée hors délai.

Cette décision a permis à OpenAI de lever l’un des principaux obstacles juridiques susceptibles de freiner son projet de cotation.

Une entreprise encore déficitaire malgré sa valorisation record

Comme la plupart des grands acteurs de l’intelligence artificielle, OpenAI continue d’investir massivement dans ses centres de données, ses capacités de calcul et ses programmes de recherche.

L’entreprise n’a pas publié ses revenus ni communiqué sur une éventuelle date de retour à la rentabilité. À l’instar d’Anthropic ou de SpaceX, elle dépense actuellement davantage qu’elle ne génère de revenus afin de maintenir son avance technologique dans un marché de plus en plus concurrentiel.

Ses principaux rivaux sont aujourd’hui Claude, développé par Anthropic, ainsi que Gemini, la plateforme d’intelligence artificielle de Google.

Sarah Friar : « Je veux que nous soyons prêts »

La directrice financière d’OpenAI, Sarah Friar, avait déjà préparé le terrain au printemps en soulignant la volonté de l’entreprise d’adopter les standards exigés des sociétés cotées.

« Je veux que nous soyons prêts », déclarait-elle en avril à l’Associated Press. « Je pense qu’il est utile de pouvoir faire appel aux marchés publics : ils sont bien plus vastes que les marchés privés. »

Selon elle, la valorisation actuelle d’OpenAI lui permettrait déjà de figurer parmi les quinze plus grandes entreprises composant l’indice S&P 500.

Sarah Friar voit également dans la cotation un facteur de crédibilité supplémentaire : « Le fait d’être une société cotée apporte une forme de label de crédibilité. À partir de là, les gens scrutent votre bilan, la SEC vous supervise, etc. »

Sam Altman veut démocratiser les bénéfices de l’IA

Parallèlement à cette annonce financière, Sam Altman a détaillé la vision à long terme de l’entreprise. Le dirigeant ambitionne notamment de développer un chercheur automatisé fondé sur l’intelligence artificielle, d’accélérer la croissance économique mondiale et de permettre à chaque individu d’accéder à une intelligence artificielle générale (AGI), capable de surpasser les humains dans de nombreuses tâches cognitives.

Selon lui, OpenAI entre désormais dans une nouvelle phase de son développement. Après la recherche fondamentale puis la commercialisation de produits grand public comme ChatGPT, l’objectif est désormais de diffuser le plus largement possible les bénéfices économiques de l’IA.

« Nous travaillons pour que ces gains soient largement partagés », affirme Sam Altman. « Chacun devrait avoir la possibilité de bénéficier de manière significative de la prospérité créée par l’IA. »

Le débat sur le partage de la valeur s’intensifie

Ces déclarations interviennent dans un contexte de débat croissant aux États-Unis sur la répartition des bénéfices générés par l’intelligence artificielle.

Quelques jours auparavant, Sam Altman avait rencontré le sénateur Bernie Sanders, favorable à l’idée d’accorder au public une participation pouvant atteindre 50 % dans certaines entreprises d’IA stratégiques.

Le président américain Donald Trump s’est également récemment montré favorable à des mécanismes permettant aux citoyens de bénéficier directement de la croissance de l’industrie de l’intelligence artificielle.

Alors que les besoins de financement du secteur atteignent des niveaux inédits, l’éventuelle introduction en Bourse d’OpenAI pourrait devenir l’une des opérations financières les plus importantes de l’histoire récente de la technologie et marquer une nouvelle étape dans la course mondiale à l’intelligence artificielle.

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