- Un tournant diplomatique majeur a été franchi mercredi 17 juin avec la signature officielle de l’accord entre les États-Unis et l’Iran.
- Paraphé électroniquement par Donald Trump et Massoud Pezeshkian, le texte prévoit notamment la suspension des sanctions américaines sur le pétrole iranien, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’ouverture d’une période de négociations de 60 jours en vue d’un accord définitif.
Donald Trump signe l’accord Iran–États-Unis depuis Versailles. En visite en France aux côtés du président Emmanuel Macron, le président américain Donald Trump a officiellement signé l’accord conclu entre Washington et Téhéran. Quelques minutes plus tard, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé que le président iranien Massoud Pezeshkian avait également signé le texte.
« Le texte du protocole d’accord d’Islamabad a été finalisé par la signature des présidents. Il est désormais temps de mettre à l’épreuve la mise en oeuvre de cet accord », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par l’agence Irna.
Selon lui, la signature a été réalisée par voie électronique, rendant inutile la cérémonie officielle initialement prévue vendredi en Suisse entre le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.
Suspension des sanctions et négociations pendant 60 jours
Le protocole d’accord ouvre une nouvelle phase diplomatique entre les deux pays. D’après un haut responsable américain ayant présenté le texte à la presse, les États-Unis suspendent immédiatement leurs sanctions visant les exportations pétrolières iraniennes dès l’entrée en vigueur de l’accord.
Washington s’engage également à lever l’ensemble des sanctions contre Téhéran si un accord définitif est conclu à l’issue d’une période de négociations de 60 jours. Durant cette phase transitoire, les discussions porteront notamment sur la gestion des stocks nucléaires iraniens.
Les deux parties travailleront à la mise en place d’un mécanisme permettant de traiter ces réserves « en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) », a précisé le responsable américain, qualifiant cette disposition de « victoire majeure » pour Washington.
Réouverture du détroit d'Ormuz et promesse de soutien économique
En contrepartie, l’Iran devra rétablir dans un délai de 30 jours la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie. Le blocage prolongé de cette voie maritime a fortement perturbé les marchés pétroliers ces derniers mois et alimenté les tensions sur les prix de l’énergie.
L’accord prévoit également qu’en cas de signature d’un texte définitif, les États-Unis faciliteront, avec leurs partenaires régionaux, la création d’un fonds de 300 milliards de dollars destiné à financer la reconstruction et le développement économique de l’Iran.
Selon les termes présentés par Washington, ce mécanisme ne comporterait toutefois aucune contribution financière directe américaine.
Emmanuel Macron salue « un moment de paix »
Présent aux côtés de Donald Trump à Versailles, Emmanuel Macron s’est félicité de cette avancée diplomatique. « Donald Trump a signé officiellement l’accord à Versailles, c’est un moment de paix », a déclaré le chef de l’État français dans la soirée.
Le président américain a lui-même souligné le caractère symbolique de la signature : « Nous avons signé l’accord avec l’Iran, et on l’a signé à Versailles ! »
Pour Emmanuel Macron, le choix du château de Versailles n’est pas anodin. « Ça rappelle la force de l’Histoire, ça rappelle ce que la France sait faire, c’est un lieu qui inspire », a-t-il déclaré devant la presse.
Le chef de l’État estime que cet accord pourrait produire rapidement des effets économiques concrets. « Cet accord permet de mettre fin au conflit, il permet la paix et la réouverture d’Ormuz, sans péage. C’est une bonne nouvelle, les prix du carburant et du gaz vont normalement baisser », a-t-il assuré.
Un accord aux conséquences géopolitiques majeures
La signature du protocole marque une étape décisive dans le rapprochement entre Washington et Téhéran après plusieurs années de tensions.
Si les négociations prévues dans les deux prochains mois aboutissent, elles pourraient déboucher sur la levée progressive des sanctions américaines, une normalisation des relations économiques avec l’Iran et une stabilisation durable du marché énergétique mondial grâce à la réouverture complète du détroit d’Ormuz.
Les prochains jours seront désormais consacrés à la mise en œuvre des premières dispositions du texte, considérée comme le véritable test de la solidité de cet accord.
