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Pétrole : l’AIE prévoit une baisse historique de la demande mondiale en 2026 sur fond de tensions à Ormuz

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La demande mondiale de pétrole devrait reculer d'un million de barils par jour en 2026, sa première baisse depuis 2020, selon l'AIE. Ces prévisions restent suspendues au maintien d'un cessez-le-feu fragilisé autour du détroit d'Ormuz, alors qu'une nouvelle escalade militaire ravive les incertitudes au Moyen-Orient.

Faits clés
Baisse de la demande mondiale de pétrole 2026 un million de barils par jourselon l'AIE, première baisse depuis 2020
Production mondiale en juin 98,8 millions de barils quotidiensaprès une progression de 4,1 millions de barils par jour
Exportations des pays du Golfe 16,1 millions de barils quotidiensaprès une hausse de 6,5 millions de barils par jour
Déficit de production 2026 860.000 barils quotidiensoffre mondiale en baisse de 3,7 millions b/j
Pétroliers ayant emprunté le détroit d'Ormuz mercredi 13 pétrolierscontre 33 par jour la semaine précédente, données Kpler
  • La demande mondiale de pétrole devrait reculer d’un million de barils par jour en 2026, selon les dernières prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
  • Une première depuis 2020, dans un contexte marqué par les tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz, qui continuent de bouleverser les équilibres du marché pétrolier mondial.

   L’AIE anticipe un recul inédit de la demande mondiale de pétrole. Elle devrait diminuer d’un million de barils par jour en 2026, a indiqué vendredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport mensuel. Ce repli constituerait la première baisse annuelle de la consommation mondiale depuis 2020.

L’agence souligne que cette contraction est « très déséquilibrée tant selon les produits que selon les régions ». Les analyses de l’AIE montrent que les économies asiatiques fortement dépendantes des importations figurent parmi les plus touchées, tout comme les matières premières destinées à la pétrochimie, notamment le naphta et le gaz de pétrole liquéfié (GPL), dont les chaînes logistiques transitent largement par le détroit d’Ormuz.

Une production mondiale encore pénalisée par les conséquences du conflit

Malgré ces perspectives de baisse de la demande, la production mondiale a fortement rebondi en juin. Elle a progressé de 4,1 millions de barils par jour pour atteindre 98,8 millions de barils quotidiens, grâce à la réouverture partielle du détroit d’Ormuz qui a permis aux producteurs du Golfe de remettre en service plusieurs installations interrompues.

Ce niveau demeure toutefois inférieur de 9,4 millions de barils par jour à celui observé avant le déclenchement du conflit.

Les exportations des pays du Golfe ont également repris, augmentant de 6,5 millions de barils par jour pour atteindre 16,1 millions de barils quotidiens, en intégrant les cargaisons détournées afin d’éviter le passage par le détroit. Avant les hostilités engagées fin février, la région exportait en moyenne près de 24 millions de barils par jour.

Les stocks mondiaux repartent à la hausse

Autre évolution notable relevée par l’AIE : les stocks mondiaux de pétrole ont progressé pour la première fois depuis le début des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, mettant un terme à plusieurs mois de prélèvements exceptionnels.

L’agence nuance toutefois ce constat en précisant que les réserves détenues par les principales économies développées continuent de diminuer, les importateurs ayant ralenti leurs achats dans un contexte de forte incertitude.

Un scénario suspendu au maintien du cessez-le-feu

Les prévisions de l’AIE restent toutefois suspendues à une hypothèse désormais fragilisée : la poursuite du cessez-le-feu et la réouverture progressive du détroit d’Ormuz. Dans ce scénario, l’offre mondiale diminuerait de 3,7 millions de barils par jour en 2026, créant un déficit de production estimé à 860.000 barils quotidiens par rapport à la demande.

L’année suivante marquerait un retournement, avec une hausse de 7,5 millions de barils par jour de la production mondiale, suffisante pour faire basculer le marché dans une situation de surplus.

L’agence estime néanmoins qu’une hausse plus rapide de la production dans d’autres régions du monde, combinée à une demande moins dynamique qu’attendu avant le conflit, pourrait rétablir un surplus dès la fin de l’année. Ce scénario offrirait aux pays consommateurs l’opportunité de reconstituer des stocks largement entamés ces derniers mois.

Une nouvelle escalade militaire ravive les incertitudes

Les perspectives du marché restent toutefois étroitement liées à l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Cette semaine, une deuxième violation, qualifiée de beaucoup plus grave, de la trêve conclue le mois dernier est venue raviver les tensions.

Après les frappes iraniennes contre trois navires commerciaux lundi et mardi, le Commandement central américain (Centcom) a lancé une vaste opération visant plus de 80 cibles en Iran, notamment des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers et plus de 60 vedettes des Gardiens de la révolution. Dans le même temps, Washington a révoqué la licence qui autorisait les exportations de pétrole iranien.

L’Iran a ensuite lancé des drones et des missiles en direction de Bahreïn et du Koweït, sans provoquer de dégâts majeurs. Le président américain Donald Trump a depuis déclaré le cessez-le-feu terminé.

Téhéran affirme désormais que la seule voie sûre est celle qu’il définit dans le détroit d’Ormuz, alors que le trafic maritime s’est fortement contracté. Selon les données de suivi de Kpler, seulement 13 pétroliers ont emprunté le détroit mercredi, contre une moyenne de 33 navires par jour la semaine précédente.

 

Questions fréquentes

Pourquoi la demande de pétrole va-t-elle baisser en 2026 ?

L'AIE prévoit un recul d'un million de barils par jour en 2026, première baisse depuis 2020, sur fond de tensions autour du détroit d'Ormuz bouleversant les équilibres du marché.

Quel est l'impact du détroit d'Ormuz sur le pétrole ?

Sa fermeture partielle a fait chuter les exportations et le trafic maritime : seulement 13 pétroliers l'ont emprunté mercredi, contre 33 par jour la semaine précédente selon Kpler.

Le cessez-le-feu au Moyen-Orient tient-il toujours ?

Non. Après une deuxième violation jugée grave, des frappes iraniennes contre des navires et une opération américaine visant plus de 80 cibles en Iran, Donald Trump a déclaré le cessez-le-feu terminé.

Comment évoluent les stocks mondiaux de pétrole ?

Ils ont progressé pour la première fois depuis le début des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, mais les réserves des principales économies développées continuent de diminuer.

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