Le taux de chômage français atteint 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, selon l'Insee. C'est son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020. Avec près de 2,7 millions de chômeurs, la hausse touche toutes les tranches d'âge, notamment les jeunes à 21,6 %.
| Taux de chômage T2 2026 | 8,3 %au sens du BIT, données Insee du 7 août |
|---|---|
| Nombre de chômeurs | près de 2,7 millions de personnesdeuxième trimestre 2026 |
| Hausse sur un an | 261 000 chômeurs supplémentaires |
| Chômage des jeunes (15-24 ans) | 21,6 %+0,4 point sur le trimestre |
| Halo autour du chômage | 1,9 million de personnessouhaitent travailler sans être comptées comme chômeuses |
Le marché du travail français poursuit sa dégradation. Au deuxième trimestre 2026, le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) a augmenté de 62 000 par rapport aux trois premiers mois de l’année, pour atteindre près de 2,7millions de personnes.
Selon les données publiées vendredi 7 août par l’Insee, le taux de chômage s’établit désormais à 8,3 % de la population active. Il progresse de 0,2 point sur le trimestre et de 0,7 point sur un an, soit 261 000 chômeurs supplémentaires par rapport au deuxième trimestre 2025.
Il s’agit du niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2020, période marquée par la crise sanitaire, et, auparavant, depuis le troisième trimestre 2019. L’Institut rappelle toutefois que le taux de chômage reste inférieur de 2,2 points au sommet enregistré à la mi-2015.
Cette nouvelle progression prolonge une tendance amorcée à la fin de 2024. Le taux est ainsi passé de 7,4 % au quatrième trimestre 2024 à 8,3 % au deuxième trimestre 2026.
Le chômage des jeunes atteint 21,6 %
La hausse concerne toutes les catégories d’âge. Le taux de chômage des 15-24 ans rebondit de 0,4 point au deuxième trimestre, à 21,6 %. Sur un an, sa progression atteint 2,5 points, confirmant la vulnérabilité persistante des jeunes sur le marché du travail.
Chez les 25-49 ans, le taux augmente de 0,2 point, à 7,5 %, son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2021. Celui des personnes âgées de 50 ans ou plus progresse parallèlement de 0,3 point, à 5,5 %, un sommet depuis le début de 2022.
L’évolution diffère en revanche selon le sexe. Le taux de chômage des femmes augmente de 0,4 point, à 8,2 %, tandis que celui des hommes reste stable à 8,5 %.
Mayotte désormais intégrée aux statistiques nationales
Cette publication marque également une évolution méthodologique. Les principaux indicateurs conjoncturels du marché du travail couvrent désormais l’ensemble de la France, Mayotte comprise. L’Insee a recalculé les séries statistiques antérieures afin de maintenir leur comparabilité dans le temps.
Cette extension ne bouleverse toutefois pas la lecture générale du marché du travail. Selon l’Institut, l’intégration de Mayotte relève le taux de chômage du deuxième trimestre de seulement 0,06 point par rapport au champ précédemment utilisé, qui excluait le département.
Après arrondi, la hausse trimestrielle demeure identique, à 0,2 point.
La loi pour le plein emploi pèse sur les statistiques
L’Insee souligne également l’incidence de la loi pour le plein emploi, mise en œuvre depuis janvier 2025. La réforme prévoit notamment l’inscription automatique à France Travail des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et de certains jeunes suivis par les missions locales.
Sur les six trimestres écoulés depuis la mise en œuvre du dispositif, les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans inscrits à France Travail ont contribué à hauteur de 0,44 point à l’augmentation totale de 0,98 point du taux de chômage.
Ces deux populations représentent ainsi près de la moitié de la hausse observée depuis la fin de 2024. L’Insee appelle néanmoins à interpréter ces contributions avec prudence, notamment en raison des aléas liés à l’enquête et du poids limité des publics concernés dans la population active.
D’après l’estimation relayée par le ministère du Travail, le taux de chômage serait probablement resté inférieur à 8 % en l’absence de la mise en œuvre de cette réforme. Cette lecture n’efface toutefois pas entièrement la dégradation conjoncturelle du marché de l’emploi.
Un « halo autour du chômage » toujours important
Aux 2,7 millions de chômeurs au sens du BIT s’ajoutent 1,9 million de personnes appartenant au « halo autour du chômage ». Celles-ci souhaitent travailler, mais ne sont pas comptabilisées comme chômeuses parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi ou ne sont pas immédiatement disponibles.
Leur nombre est resté pratiquement stable au deuxième trimestre, avec seulement 6 000 personnes supplémentaires. La part du halo dans la population âgée de 15 à 64 ans demeure ainsi inchangée, à 4,4 %.
L’objectif de 5 % en 2027 s’éloigne
La nouvelle hausse du chômage fragilise davantage l’objectif fixé par Emmanuel Macron de ramener le taux à 5 % d’ici à la fin de son second mandat, en 2027. Même corrigée de l’effet attribué à la loi pour le plein emploi, la trajectoire reste éloignée de cette cible.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, estime néanmoins que « malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste ». Il appelle à poursuivre les efforts autour de trois priorités : l’insertion professionnelle des jeunes, le maintien en emploi des travailleurs expérimentés et l’adaptation des compétences aux besoins des entreprises.
Le ministre cite notamment les besoins de recrutement « dans le nucléaire, la transition écologique ou l’industrie de défense ».
Le gouvernement insiste également sur les progrès accomplis depuis 2017. Entre les deuxièmes trimestres 2017 et 2026, le taux d’emploi est passé de 65,5 % à 69 %, tandis que le taux d’activité a progressé de 72,5 % à 75,4 %. Sur la même période, le taux de chômage a reculé de 9,6 % à 8,3 %.
Ces avancées de long terme ne masquent cependant pas le retournement récent : la France compte désormais près d’un million de personnes dans le chômage au sens du BIT de plus qu’à la fin de 2024, en proportion de la population active, et le marché du travail entre dans une phase plus incertaine.
Questions fréquentes
Quel est le taux de chômage en France en 2026 ?
Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage s'établit à 8,3 % de la population active, en hausse de 0,2 point sur le trimestre et de 0,7 point sur un an, selon l'Insee.
Quel est le taux de chômage des jeunes ?
Le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,6 %, en hausse de 0,4 point sur le trimestre et de 2,5 points sur un an, confirmant la vulnérabilité des jeunes.
La loi pour le plein emploi influence-t-elle le chômage ?
Oui. Les bénéficiaires du RSA et jeunes inscrits à France Travail ont contribué à hauteur de 0,44 point sur les six trimestres. Sans la réforme, le taux serait resté sous 8 %.
L'objectif de 5 % de chômage en 2027 est-il atteignable ?
La nouvelle hausse fragilise l'objectif d'Emmanuel Macron de ramener le chômage à 5 % d'ici fin 2027. Même corrigée de la réforme, la trajectoire reste éloignée de cette cible.
