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Présidentielle 2027 : le RN veut sanctionner le port du voile, Pécresse dénonce une mesure « impraticable »

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  • Le Rassemblement national prévoit d’interdire le port du voile islamique dans l’espace public et d’infliger une amende aux contrevenantes s’il accède au pouvoir en 2027.
  • Une proposition défendue par Jean-Philippe Tanguy, mais vivement contestée par Valérie Pécresse, qui alerte sur son application et ses implications pour les libertés individuelles.

Le Rassemblement national (RN) entend inscrire l’interdiction du voile islamique dans l’espace public parmi ses mesures pour l’élection présidentielle de 2027. Invité dimanche 30 août sur BFMTV, Jean-Philippe Tanguy a assuré que les femmes qui ne respecteraient pas cette disposition seraient passibles d’une amende.

Cette proposition figurait déjà dans les programmes présidentiels successifs de Marine Le Pen. Elle avait toutefois suscité des discussions au sein du parti, notamment lorsque Jordan Bardella apparaissait comme un possible candidat de recours.

« Ça a été tranché », a affirmé le député RN de la Somme, proche de Marine Le Pen. Selon lui, cette mesure serait « soutenue par 60 % à 70 % de Françaises et de Français qui sentent bien que derrière ce symbole, ce n’est pas seulement une liberté vestimentaire, c’est une idéologie qui est contraire à ce que la France a porté depuis des années ».

Jean-Philippe Tanguy n’a cependant pas précisé l’origine de cette estimation ni le montant de l’amende envisagée.

Une amende comparée à celle pour non-port de la ceinture

Le député a présenté le dispositif comme une interdiction assortie d’une sanction contraventionnelle. En cas de victoire du RN, « s’il y a des femmes qui portent le voile alors qu’il est interdit, elles auront une amende », a-t-il déclaré.

Pour défendre ce mécanisme, Jean-Philippe Tanguy l’a comparé aux sanctions infligées aux automobilistes qui ne portent pas leur ceinture de sécurité. Le parlementaire avait également affirmé vouloir combattre « l’idéologie islamiste » et agir « en solidarité avec toutes les femmes à travers le monde qui sont forcées » de se voiler.

Valérie Pécresse dénonce une mesure « démagogique »

Interrogée lundi 31 août sur franceinfo, Valérie Pécresse a rejeté la proposition du Rassemblement national. « C’est une mesure démagogique et impraticable », a réagi la présidente Les Républicains (LR) de la région Île-de-France.

« Je n’y suis pas favorable. Ça ne correspond pas à ma conception des choses », a-t-elle insisté. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle considère néanmoins que « le voile n’est pas un vêtement comme les autres » et qu’il constitue « un signe religieux» ainsi qu’« un signe de soumission de la femme ».

Valérie Pécresse estime toutefois que cette appréciation ne peut justifier une interdiction générale visant les femmes adultes. Une « femme adulte est libre de croire ou de ne pas croire à la religion de son choix », a-t-elle souligné. ranceinfo a rapporté cette opposition à une mesure jugée « démagogique et impraticable ».

La protection des mineures privilégiée

La présidente de la région Île-de-France plaide plutôt pour des mesures ciblées sur les mineures. « Il faut protéger les fillettes à l’école, dans le sport, leur donner les moyens de s’émanciper, de faire leur libre choix », a-t-elle déclaré.

« J’ai été une militante de l’interdiction de la burqa », a également rappelé Valérie Pécresse. Elle a profité de cette séquence pour souligner l’évolution historique des positions de l’extrême droite sur le sujet : « Je rappelle qu’à l’époque, d’ailleurs, Jean-Marie Le Pen n’était pas favorable à l’interdiction de la burqa. Donc ça permet de montrer que le RN change souvent d’avis. »

Une proposition distincte de l’interdiction du voile intégral

En France, la loi du 11 octobre 2010 interdit déjà la dissimulation du visage dans l’espace public. Elle concerne notamment le niqab et la burqa, mais ne prohibe pas le port d’un voile laissant le visage découvert dans la rue, les commerces ou les transports.

La proposition du RN aurait donc une portée nettement plus large que le droit actuel, puisqu’elle viserait spécifiquement le voile islamique simple. Une telle interdiction soulèverait des questions constitutionnelles et conventionnelles relatives à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et au principe de non-discrimination.

La Cour européenne des droits de l’homme a admis l’interdiction française de la dissimulation du visage, tout en rappelant que les restrictions apportées à la manifestation des convictions religieuses doivent poursuivre un objectif légitime et rester proportionnées. Sa jurisprudence distingue ainsi les vêtements dissimulant le visage des autres signes religieux.

Le débat dépasse désormais la seule position du RN pour se déplacer sur le terrain de l’application et du droit. Entre la volonté affichée de combattre l’islamisme et la protection des libertés religieuses, l’interdiction du voile simple dans l’espace public devrait s’imposer comme l’un des sujets les plus clivants de la campagne présidentielle de 2027.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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