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Carburants : Macron réclame des mesures d’urgence à Bruxelles pour accroître l’offre

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Emmanuel Macron réclame à la Commission européenne des mesures d'urgence pour contenir la flambée des prix des carburants. Le chef de l'État demande d'assouplir les spécifications techniques, d'augmenter la part de biocarburants dans le diesel et de reporter certaines obligations sur le méthane, afin d'accroître l'offre disponible.

Faits clés
Baisse des stocks pétroliers mondiaux plus de 500 millions de barilsdepuis la fermeture d'Ormuz, selon Macron
Réduction supplémentaire possible de l'alimentation du marché au moins 4 millions de barils par jour supplémentairessans réouverture d'Ormuz ni oléoduc Est-Ouest saoudien
Part du Moyen-Orient dans les importations européennes de kérosène 36 %données citées dans le courrier présidentiel
Part du Moyen-Orient dans les importations européennes de gazole 18 %données citées dans le courrier présidentiel
Gains de production estimés dans les raffineries entre 5 et 20 %selon les installations, via assouplissement des spécifications

   Mobiliser les raffineries et faciliter les importations pour contenir la flambée des prix des carburants. C’est l’objectif des mesures d’urgence défendues par Emmanuel Macron auprès de la présidente de la Commission européenne. Dans son courrier, le chef de l’État demande à Bruxelles de desserrer temporairement plusieurs contraintes réglementaires pour « renforcer nos capacités d’import et de production à court terme » et « accroître l’offre disponible au sein du marché intérieur ».

Cette démarche, également rapportée par le Financial Times, porte à la fois sur les caractéristiques techniques des carburants, l’incorporation de biocarburants et les conditions d’importation des énergies fossiles. 

Une offre pétrolière sous pression depuis la fermeture d’Ormuz

« La fermeture quasi-totale du détroit d’Ormuz depuis mars 2026 a conduit ces derniers mois à une contraction de l’offre mondiale de pétrole et à une reconfiguration importante des flux mondiaux d’hydrocarbures », écrit Emmanuel Macron dans sa lettre.

Selon les chiffres avancés par le président de la République, les stocks pétroliers mondiaux ont diminué de « plus de 500 millions de barils ». À cette baisse s’ajoutent les conséquences du « ciblage d’infrastructures énergétiques russes et du Moyen-Orient » et de la reprise de la consommation asiatique, qui accentuent les tensions sur le marché.

Le chef de l’État met également en garde contre un nouveau recul de l’offre. Sans réouverture rapide du détroit d’Ormuz ni remise en fonctionnement de l’oléoduc Est-Ouest saoudien, l’épuisement des stocks du royaume pourrait entraîner « une réduction de l’alimentation du marché mondial de produits brut d’au moins 4 millions de barils par jour supplémentaires ». Un scénario susceptible de provoquer « une forte hausse des prix », prévient-il.

Le gazole et le kérosène européens particulièrement exposés

Pour l’Europe, la vulnérabilité concerne aussi les produits raffinés. Selon les données citées dans le courrier présidentiel, le Moyen-Orient représente 36 % des importations européennes de kérosène et 18 % de celles de gazole.

Les tensions se répercutent déjà sur les perspectives d’approvisionnement, rapporte Emmanuel Macron. Les professionnels français « signalent des difficultés croissantes pour confirmer les livraisons des prochaines semaines ».

C’est pour répondre à ces contraintes que Paris souhaite agir sur les volumes disponibles. La première proposition consiste à assouplir, à titre exceptionnel, certaines spécifications européennes relatives à la qualité des carburants, afin de permettre aux raffineries de produire davantage de gazole et de kérosène.

Des gains de production estimés entre 5 et 20 %

Les ajustements envisagés concernent notamment la masse volumique, les caractéristiques de vaporisation et les exigences liées à la désulfurisation. Les normes variant selon les marchés, leur assouplissement pourrait, selon le raisonnement exposé dans la lettre, élargir les possibilités de production et d’approvisionnement.

Emmanuel Macron évoque des « gains de production notables », compris entre 5 et 20 % selon les installations. Ces estimations portent sur les capacités des raffineries concernées : elles ne constituent pas une prévision de hausse équivalente de l’ensemble de l’offre européenne.

Le président invoque également un précédent. Il rappelle dans son courrier que des spécifications avaient déjà été temporairement assouplies à l’échelle européenne pendant la crise du Covid-19. La demande française vise ainsi des adaptations exceptionnelles pour répondre à l’urgence pétrolière.

Davantage de biocarburants dans le diesel

Deuxième levier proposé : augmenter la part de biocarburants incorporée dans le gazole. Emmanuel Macron souhaite faciliter une substitution plus large du diesel B7, qui peut contenir jusqu’à 7 % de biogazole, par du B10, dont la proportion peut atteindre 10 %.

L’objectif est de compléter l’offre de diesel en mobilisant davantage de composants renouvelables. À l’échelle du marché européen, cette évolution constituerait « un appui utile à l’offre de diesel » et offrirait des « marges supplémentaires pour l’approvisionnement en carburants », estime le chef de l’État.

Cette proposition s’inscrit dans la même logique que les adaptations demandées aux raffineries : rechercher rapidement des volumes supplémentaires pour atténuer les tensions sur les livraisons.

Paris réclame un report des obligations sur le méthane

Emmanuel Macron demande parallèlement de repousser d’un an certaines nouvelles obligations européennes applicables aux importateurs d’énergies fossiles dans le cadre de la réglementation sur les émissions de méthane.

Le courrier vise notamment l’échéance du 1er janvier 2027, à partir de laquelle les importateurs concernés doivent démontrer le respect, par leurs fournisseurs, d’exigences de mesure et de contrôle des émissions équivalentes à celles de l’Union européenne. Paris redoute que les difficultés de certains producteurs à fournir les données requises ne restreignent les possibilités d’approvisionnement.

La préparation du dispositif est jugée « à ce jour insatisfaisante » par Emmanuel Macron. Selon les éléments exposés dans sa lettre, la Commission a déjà recommandé de différer jusqu’à fin 2029 l’application des sanctions financières liées à ces obligations.

Mais ce décalage ne suffirait pas à lever les incertitudes. Même sans sanctions financières immédiates, les nouvelles règles feraient peser « un risque supplémentaire de contentieux sur les importateurs d’énergies fossiles », souligne le président français.

Le président plaide aussi pour une accélération de l’électrification et une réduction de la consommation de gaz naturel, notamment dans le chauffage. Une orientation qu’il défend alors que plusieurs pays européens présentent, selon le texte transmis, des niveaux de stockage de gaz inférieurs à ceux des années précédentes.

Questions fréquentes

Pourquoi Macron écrit-il à la Commission européenne sur les carburants ?

Pour réclamer des mesures d'urgence face à la flambée des prix : mobiliser les raffineries, faciliter les importations et accroître l'offre disponible sur le marché intérieur européen.

Quel effet a la fermeture du détroit d'Ormuz sur le pétrole ?

Sa fermeture quasi-totale depuis mars 2026 a contracté l'offre mondiale de pétrole, réduit les stocks de plus de 500 millions de barils et reconfiguré les flux d'hydrocarbures.

Que propose Macron pour augmenter l'offre de carburants ?

Assouplir temporairement certaines spécifications des carburants, substituer le diesel B7 par du B10 plus riche en biocarburants, et reporter d'un an des obligations sur le méthane.

L'Europe est-elle exposée aux tensions au Moyen-Orient ?

Oui. Le Moyen-Orient représente 36 % des importations européennes de kérosène et 18 % de celles de gazole, et les professionnels signalent des difficultés à confirmer les livraisons.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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