Les cours du pétrole ont atteint lundi 20 juillet leur plus haut niveau depuis la mi-juin. Le Brent repassait au-dessus de 90 dollars, à 90,84 dollars, porté par la reprise des frappes américaines contre l'Iran et les tensions dans le détroit d'Ormuz.
| Cours du Brent | 90,84 dollarsbaril pour livraison en septembre, +3,11 % à 9 h 16 le 20 juillet |
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| Pic du Brent | 91,42 dollarsplus haut niveau depuis le 11 juin |
| Cours du WTI | 83,98 dollars+2,69 % au même moment |
| Pic du WTI | 85,39 dollarsdurant les échanges asiatiques, plus haut depuis le 12 juin |
| Commerce pétrolier via Ormuz | Environ un cinquièmedu commerce pétrolier mondial transite par le détroit |
Les prix du pétrole sont repartis en forte hausse lundi 20 juillet, alors que l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran ravive les craintes d’une perturbation durable de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
À 9 h 16, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre progressait de 3,11 %, à 90,84 dollars, après avoir culminé à 91,42 dollars quelques heures plus tôt. Il s’agit de son niveau le plus élevé depuis le 11 juin.
Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), gagnait au même moment 2,69 %, à 83,98 dollars. Il avait atteint 85,39dollars durant les échanges asiatiques, son plus haut niveau depuis le 12 juin.
Les espoirs diplomatiques s’effondrent
À la mi-juin, les cours de l’or noir étaient repassés sous la barre des 90 dollars, soutenus par les avancées diplomatiques autour d’un accord-cadre destiné à ramener la paix au Moyen-Orient.
Le protocole d’accord signé le 17 juin avait alors alimenté l’espoir d’une désescalade entre Washington et Téhéran. Ces perspectives se sont toutefois dissipées au cours des derniers jours avec la reprise des bombardements américains contre l’Iran et les représailles de la République islamique visant des bases et des alliés des États-Unis dans la région.
L’armée américaine a annoncé avoir achevé, dans la nuit de dimanche à lundi, une neuvième nuit consécutive de frappes contre l’Iran. Ces opérations ont notamment visé des centres de commandement et des réseaux de communication iraniens.
« Nous les avons frappés très durement à nouveau ce soir », a déclaré dimanche le président américain Donald Trump. Cette nouvelle vague de bombardements intervient après la mort d’au moins trois soldats américains depuis vendredi dans des attaques iraniennes.
Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions
Les inquiétudes des marchés se concentrent également sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique reliant le golfe Persique à la mer d’Arabie. Environ un cinquième du commerce pétrolier mondial transite habituellement par cette voie maritime, essentielle aux exportations des principaux producteurs du Golfe.
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé lundi avoir intercepté deux pétroliers qui tentaient, selon eux, de franchir le détroit sans l’autorisation de Téhéran. Les circonstances exactes entourant ces incidents restent néanmoins contestées entre les différentes parties.
L’agence britannique de sécurité maritime United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) a également rapporté qu’un navire était en feu dans le détroit, à huit milles nautiques — environ 15 kilomètres — au nord-ouest du village omanais de Kumzar. La cause de l’incendie n’était pas connue dans l’immédiat.
La multiplication des incidents maritimes, conjuguée au recul du nombre de pétroliers empruntant le détroit, alimente la crainte de perturbations prolongées des exportations de brut en provenance du Moyen-Orient.
Une spirale d’escalade au détroit d’Ormuz difficile à enrayer
Pour les investisseurs, l’enchaînement des frappes, des représailles et des incidents visant la navigation commerciale réduit les possibilités de compromis entre Washington et Téhéran.
« Les deux camps sont pris dans une spirale d’escalade. Cela risque de donner lieu à une semaine tendue dans ce conflit : davantage de frappes et de contre-frappes, marquant une nouvelle étape dans l’escalade, et probablement une hausse des prix du pétrole », observent Dina Esfandiary et Becca Wasser, analystes citées par Bloomberg.
« Plus la situation s’aggrave, plus il sera difficile pour l’Iran et les États-Unis de faire marche arrière », ajoutent-elles.
Le risque inflationniste refait surface
Une hausse durable des cours du pétrole pourrait avoir des répercussions bien au-delà des marchés de l’énergie. Elle risquerait notamment d’alourdir les prix des carburants, les coûts de transport et les dépenses de production des entreprises, ravivant ainsi les pressions inflationnistes dans plusieurs économies.
L’évolution du trafic dans le détroit d’Ormuz et l’intensité des opérations militaires devraient donc rester les principaux facteurs d’orientation du marché pétrolier au cours des prochaines séances. La forte volatilité observée lundi témoigne de la sensibilité des cours à toute nouvelle annonce en provenance de Washington ou de Téhéran.
Questions fréquentes
Pourquoi le prix du pétrole augmente-t-il ?
L'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran, avec la reprise des frappes américaines et les tensions dans le détroit d'Ormuz, ravive les craintes d'une perturbation durable de l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Quel est le prix du Brent aujourd'hui ?
À 9 h 16 le 20 juillet, le baril de Brent progressait de 3,11 %, à 90,84 dollars, après avoir culminé à 91,42 dollars, son plus haut niveau depuis le 11 juin.
Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il stratégique ?
Environ un cinquième du commerce pétrolier mondial transite par cette voie reliant le golfe Persique à la mer d'Arabie, essentielle aux exportations des principaux producteurs du Golfe.
Quelles conséquences économiques d'une hausse du pétrole ?
Une hausse durable pourrait alourdir les prix des carburants, les coûts de transport et les dépenses de production des entreprises, ravivant les pressions inflationnistes dans plusieurs économies.
