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Dassault Aviation : le bénéfice s’envole, les commandes reculent de 64 %

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Dassault Aviation a publié des résultats semestriels supérieurs aux attentes, portés par les livraisons de Rafale, avec un chiffre d'affaires en hausse de 46 % à 4,16 milliards d'euros. Mais ses prises de commandes ont chuté de 64 %, à 2,88 milliards, faute de nouveau contrat Rafale.

Faits clés
Chiffre d'affaires ajusté S1 2026 4,16 milliards d'eurosen hausse de 46 % sur un an
Prises de commandes S1 2026 2,88 milliards d'euros
Résultat opérationnel ajusté 330 millions d'euroscontre 180 millions, +83 %
Livraisons de Rafale 12 Rafaledont dix à l'exportation et deux à la France
Carnet de commandes au 30 juin 2026 45,36 milliards d'euros291 avions dont 208 Rafale et 83 Falcon

   Dassault Aviation affiche des résultats semestriels de haute volée, mais la photographie commerciale apparaît plus contrastée. Le constructeur du Rafale et des avions d’affaires Falcon a vu son chiffre d’affaires et sa rentabilité progresser fortement au cours des six premiers mois de 2026, tandis que ses prises de commandes ont chuté de 8,08 à 2,88 milliards d’euros.

Cette performance financière supérieure aux attentes a été saluée à la Bourse de Paris. L’action Dassault Aviation a bondi de 9,1 % dans l’après-midi du jeudi 23 juillet.

« Dassault Aviation a publié des résultats semestriels supérieurs aux attentes, portés par des livraisons de Rafale plus importantes que prévu et un meilleur financement de la part des clients à l’export », résume Deutsche Bank, citée par BFM Bourse.

Les livraisons de Rafale dopent les revenus

Le chiffre d’affaires ajusté de Dassault Aviation a atteint 4,16 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 46 % sur un an. L’activité Défense a constitué le principal moteur de cette croissance, avec des revenus en progression de 68 %, à 2,94 milliards d’euros.

Le groupe a livré 12 Rafale, dont dix à l’exportation et deux à la France, contre sept appareils au premier semestre 2025. Il a également remis 13 Falcon à ses clients, contre 12 un an plus tôt. Jefferies qualifie ces livraisons de « solides ».

Le résultat opérationnel ajusté a progressé de 83 %, passant de 180 à 330 millions d’euros. La marge opérationnelle s’est améliorée de 6,3 % à 7,9 %, selon le communiqué financier de Dassault Aviation.

Oddo BHF souligne que ce résultat opérationnel a dépassé de 36 % les attentes moyennes des analystes. Le flux de trésorerie s’est, de son côté, élevé à 1,2 milliard d’euros, alors que le consensus anticipait un décaissement de 264 millions.

Les commandes reculent de 64 %

La dynamique des résultats masque néanmoins un net ralentissement des prises de commandes. Celles-ci ont reculé de 64 %, à 2,88 milliards d’euros, contre 8,08 milliards au premier semestre 2025.

Cette baisse s’explique principalement par l’absence de nouvelle commande de Rafale durant les six premiers mois de 2026. Un an auparavant, les prises de commandes avaient été soutenues par le contrat portant sur 26 Rafale Marine destinés à l’Inde.

Le ratio entre prises de commandes et chiffre d’affaires, appelé « book-to-bill », est ainsi tombé à 0,69. Un niveau inférieur à 1 signifie que Dassault Aviation a généré davantage de chiffre d’affaires qu’il n’a enregistré de nouvelles commandes sur la période.

La comparaison annuelle doit toutefois être nuancée par le caractère exceptionnel du contrat indien comptabilisé en 2025. Le carnet de commandes demeure par ailleurs considérable : il atteignait 45,36 milliards d’euros au 30 juin 2026, contre 46,60 milliards à la fin de 2025.

Il comprend 291 avions, dont 208 Rafale et 83 Falcon, offrant au constructeur une visibilité de plusieurs années.

Le Falcon amorce son redressement

Si les commandes militaires marquent le pas, les avions d’affaires enregistrent une embellie notable. Dassault Aviation a engrangé 23 commandes de Falcon au premier semestre, contre seulement huit un an plus tôt.

Le montant des commandes de Falcon a plus que doublé, passant de 903 millions à 1,85 milliard d’euros. Cette reprise constitue un signal encourageant pour une activité civile qui avait régulièrement déçu les analystes au cours des dernières années.

« La remontée des commandes de Falcon, qui s’élèvent à 23 unités, représente le troisième meilleur résultat du premier semestre de ces dix dernières années, ce qui pourrait marquer un tournant dans la demande de Falcon », estime Deutsche Bank.

Oddo BHF relève également que le groupe juge le marché des jets d’affaires « plus dynamique sur l’ensemble de la gamme, avec une accélération particulièrement notable en Asie ».

Des résultats favorisés par le calendrier

La progression de la rentabilité ne repose pas uniquement sur les livraisons. Dassault Aviation a également bénéficié d’une baisse de ses dépenses de recherche et développement autofinancées, ramenées de 182 à 131 millions d’euros. Ces dépenses concernent principalement le développement du Falcon 10X.

Oddo BHF évoque aussi des effets de « phasage », c’est-à-dire une comptabilisation plus précoce que prévu de certains revenus.

« Nous comprenons ainsi qu’une part significative des revenus issus des contrats de développement et de support export attendus sur l’ensemble de l’exercice 2026 a déjà été comptabilisée au premier semestre, grâce au franchissement de plusieurs jalons », explique le courtier.

Ces effets de calendrier permettent de comprendre pourquoi Dassault Aviation n’a pas relevé ses objectifs annuels malgré des résultats semestriels nettement supérieurs au consensus.

Les objectifs annuels restent inchangés

Le groupe prévoit toujours un chiffre d’affaires d’environ 8,5 milliards d’euros en 2026, ainsi que la livraison de 28 Rafale et de 40 Falcon.

Jefferies considère néanmoins que l’objectif de revenus pourrait être dépassé. « Compte tenu de la vigueur persistante du chiffre d’affaires dans le secteur de la défense, et en particulier de la bonne tenue présumée des activités de services, nous estimons que le groupe est en bonne voie pour dépasser ses prévisions de chiffre d’affaires », juge la banque d’investissement.

Pour Dassault Aviation, l’enjeu des prochains mois sera donc double : tenir la cadence de production annoncée tout en renouvelant les commandes militaires. Le redémarrage du Falcon apporte un relais commercial bienvenu, mais il ne peut, à lui seul, compenser l’absence d’un nouveau contrat Rafale de grande ampleur.

Questions fréquentes

Pourquoi les commandes de Dassault Aviation reculent-elles ?

Les prises de commandes ont chuté de 64 %, à 2,88 milliards d'euros, principalement en raison de l'absence de nouvelle commande de Rafale au premier semestre 2026, après le contrat indien de 26 Rafale Marine en 2025.

Combien de Rafale Dassault Aviation a-t-il livré au premier semestre 2026 ?

Le groupe a livré 12 Rafale, dont dix à l'exportation et deux à la France, contre sept appareils au premier semestre 2025. Il a aussi remis 13 Falcon.

Quels sont les objectifs annuels de Dassault Aviation pour 2026 ?

Le groupe prévoit un chiffre d'affaires d'environ 8,5 milliards d'euros en 2026, ainsi que la livraison de 28 Rafale et de 40 Falcon. Les objectifs restent inchangés.

Comment a réagi l'action Dassault Aviation ?

L'action Dassault Aviation a bondi de 9,1 % dans l'après-midi du jeudi 23 juillet, saluant des résultats financiers supérieurs aux attentes à la Bourse de Paris.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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